Retour

Des Tunisiens prennent la rue, sept ans après la fin de la dictature

Sept ans après la chute du président Ben Ali, des centaines de Tunisiens ont manifesté contre les mesures d'austérité du gouvernement dans les rues de Tunis, dimanche, sur fond de tensions sociales irrésolues depuis la révolution du Jasmin.

Plusieurs rassemblements ont été organisés au centre de Tunis après que l’opposition eut lancé un appel à la mobilisation pour souligner le septième anniversaire du départ de l’ancien président, Zine el-Abidine Ben Ali.

Les policiers antiémeutes ont été déployés par centaines pour prévenir tout incident qui pourrait survenir entre les partisans du Front populaire, qui forment l’opposition, et les membres du parti islamiste Ennahda, qui font partie de la coalition au pouvoir.Les manifestations de dimanche s’inscrivent plus largement dans le mouvement de protestation contre les hausses de prix qui sont entrées en vigueur le 1er janvier. Les protestataires sont dans la rue depuis plus d’une semaine afin de se faire entendre. Près de 800 personnes ont été arrêtées à ce jour.Pour remédier à la situation, qui a déjà coûté la vie à une personne, le gouvernement tunisien a annoncé samedi que près de 86 millions de dollars seraient investis pour venir en aide à quelque 250 000 familles démunies. Le coût du projet d'action sociale prévoit notamment une aide à l’accès à la propriété pour les familles pauvres et une « couverture médicale pour tous ».

Le président Béji Caïd Essebsi a pour sa part promis que le gouvernement allait « commencer à [s']occuper des jeunes », qui ont mené de front « la révolution de la liberté et de la dignité ».

Chômage, corruption, pauvretéLes récentes hausses d’impôts annoncées par le gouvernement dans le budget 2018 n’ont fait qu’exacerber les tensions au pays.Sept ans après le départ de Ben Ali, qui vit en exil en Arabie saoudite, la Tunisie est toujours en plein marasme économique. Alors que le chômage persiste, le pouvoir d’achat des Tunisiens s’affaiblit devant une inflation en hausse, qui était évaluée à plus de 6 % à la fin de l'année 2017.

« Nous protestons contre cette loi de finances [...] qui détruit le pouvoir d'achat de la majorité des Tunisiens et sert les intérêts des corrompus et des pilleurs », a déclaré le porte-parole du Front populaire, Hamma Hammami, à l'AFP.« Cela fait sept ans qu’on ne voit rien venir. On a eu la liberté, c’est vrai, mais nous sommes plus affamés qu’avant », a ajouté Walid, un chômeur de 38 ans. Les manifestants ont d'ailleurs repris les mêmes slogans qu'en 2011, puisque les revendications sociales sont quasiment les mêmes que celles qui ont déclenché la révolution du Jasmin.

En plus de la révision du budget, les manifestants réclament aussi une lutte plus sérieuse contre la corruption.

Plus d'articles