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Des vétérans s'inquiètent des prochaines missions de paix du Canada

Alors que le Canada souligne la contribution passée et présente des militaires canadiens en ce jour du Souvenir, certains vétérans s'inquiètent de l'avenir. Ils se posent des questions sur les engagements du gouvernement Trudeau, qui a promis que le pays jouerait un plus grand rôle dans des missions de maintien de la paix à l'étranger.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

À Ottawa, sur le monument au maintien de la paix, sont inscrits les noms des dizaines de missions auxquelles ont participé des soldats et les policiers canadiens. Un symbole de l'importante participation canadienne aux opérations de paix des Nations unies.

Le vétéran Daniel Lafontaine a participé à plusieurs de ces missions. Il garde des souvenirs particulièrement difficiles de son passage en Bosnie-Herzégovine pendant les années 1990.

Douze ans après son retour, il a reçu un diagnostic de syndrome post-traumatique.

Ses collègues et lui étaient bien souvent forcés de jouer un rôle de spectateur face aux horreurs d'une guerre particulièrement meurtrière.

Daniel Lafontaine est en accord avec la participation des Canadiens aux missions de paix. Mais il croit que la volonté du gouvernement fédéral d'envoyer davantage de soldats doit être accompagnée de directives claires pour éviter de répéter les erreurs du passé.

Selon Daniel Lafontaine, il faut que cette clarté s'applique aux règles d'engagement qui peuvent empêcher un Casque bleu d'intervenir avec l'aide de la force.

Pourquoi s'impliquer à nouveau?

D'autres vétérans se posent des questions sur les intentions du gouvernement Trudeau. C'est le cas de Clive Law, qui est président de la section d'Ottawa de l'Association canadienne des vétérans des forces de la paix des Nations unies.

Selon lui, les militaires canadiens sont épuisés après des années de présence en Afghanistan.

Puis il y a le choix de l'Afrique pour une éventuelle mission qui l'inquiète. Le bureau du ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a confirmé vendredi que le Canada s'engagera pour une période d'au moins trois ans dans des missions de maintien de la paix en Afrique et de lutte contre les mouvements radicaux, notamment dans des zones réputées dangereuses.

Pour Clive Law, les dangers ont bien changé depuis la première intervention des forces de maintien de la paix en 1956. 

Le général Roméo Dallaire, bien connu pour avoir commandé la mission des Nations unies au Rwanda pendant le génocide, se veut rassurant et affirme que le besoin de protéger les populations civiles est maintenant reconnu. 

L'ancien sénateur a accompagné le ministre fédéral de la Défense, Harjit Sajjan, lors d'un séjour en Afrique cet été.

Pays où le Canada a participé à des missions de l'ONU

Le pays de la future mission n'est toujours pas déterminé

Mali, République centrafricaine, ou un autre pays : les spéculations sur le lieu de la mission à laquelle participera le Canada sont nombreuses. Ottawa n'a pas encore précisé les pays où les troupes seront déployées.

Peu importe le pays, le Canada va s'impliquer davantage. Question qu'il y ait des impacts concrets, le ministre de la Défense s'engage à ce qu'une mission dure au moins trois ans, avec une évaluation chaque année afin de juger si les besoins ont changé.

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