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Deux arrière-grands-mères célèbrent 50 ans de vie de couple

Jean Baker et Sharon Colter, deux arrière-grands-mères de Winnipeg, sont partenaires sur la piste de danse et dans la vie depuis 50 ans.

Leur histoire d'amour a commencé en 1966, dans un terrain de stationnement à Toronto. Jean Baker, une femme de 26 ans qui élevait seule ses deux enfants, venait de passer sa première soirée dans un bar gai. « J'étais restée assise au bar pendant une heure et demie; personne ne m'a dit bonjour. J'étais anéantie », se souvient la septuagénaire.

Je venais de repartir dans ma voiture quand j'ai vu une femme qui marchait comme John Wayne - ses pas étaient pleins de confiance - et je me suis dit que j'allais lui demander où les femmes allaient pour se rencontrer.

Jean Baker

Mais Jean Baker a manqué de courage et a fini par faire le tour du stationnement trois fois, le temps de trouver quelque chose d'intelligent à dire.

« Je n'avais jamais utilisé de phrase brise-glace pour rencontrer quelqu'un, avoue-t-elle. Alors j'ai baissé la fenêtre et j'ai dit : "Veux-tu aller faire un tour et faire les 400 coups?" Je ne sais pas d'où c'est sorti, mais c'est ce qui m'est passé par la tête. »

Sharon Colter s'est laissée persuader et, 50 ans plus tard, les deux sont toujours complices.

Ça a été toute une aventure - et ce l'est toujours.

Sharon Colter

Un amour interdit

Quelques années après leur rencontre, les deux femmes ont déménagé à Garson, au Manitoba. Le petit village était à quelques kilomètres de la résidence des parents de Sharon.

Mais ce rapprochement familial a fait que leur amour est devenu une relation clandestine : elles étaient le seul couple homosexuel de la région. Elles n'ont même pas dit à leurs enfants qu'elles étaient un couple, de peur qu'ils deviennent la cible d'attaques à l'école.

Leur fille, Allison Nelson, se souvient que la relation entre ses parents était un secret de polichinelle dans le village. « Il y avait une sorte d'entente de discrétion, se remémore celle qui a demandé à ses parents si elles étaient lesbiennes quand elle avait 12 ans. Les gens du village disaient des choses comme : "Oh, les filles" et riaient dans leur barbe. Mais ils nous laissaient vivre notre vie. »

« Mes parents ont toujours été chaleureux et généreux - elles venaient en aide à tous ceux qui avaient le moindre besoin. Comment pourrais-tu renier quelqu'un comme ça à cause de son orientation sexuelle? Personne ne l'a fait », raconte Allison Nelson

Toutes les choses qui ont fait que je suis qui je suis - toutes mes qualités - sont le résultat de ces deux femmes.

Allison Nelson, fille de Jean et Sharon

La chorégraphie, c'est la vie

Jean Baker et Sharon Colter ont fini par déménager à Winnipeg, où elles ont mis sur pied une entreprise de traiteur. Mais c'est leur passion pour la danse qui leur a permis de vivre en synchronisme.

Même les jours où tout semble s'effondrer, où nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde, on n'a qu'à se tourner vers la piste de danse et la collaboration revient.

Jean Baker

Même si Jean n'a plus sa mobilité d'autrefois - elle a vaincu un cancer qui l'oblige à porter des attelles jambières - le couple prend toujours le temps de célébrer les beaux moments de la vie avec quelques pas de danse.

« Au mariage de notre petit-fils l'an dernier, il a fallu qu'on mette mes pieds sur les siens pour que je puisse danser, raconte Jean. Mais nous avons réussi. Elle est la surprise d'une vie. »

Selon un texte de Teghan Beaudette, CBC News

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