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Deux cas de surdose au centre-ville de Montréal

Un gardien de sécurité a découvert, hier vers 23 h, deux hommes inconscients gisant sur le sol du corridor menant du métro Lucien-L'Allier au Centre Bell, au centre-ville de Montréal. Les deux individus étaient en état de surdose et ils ont été transportés à l'hôpital pour y être soignés.

Les ambulanciers ont été en mesure de réanimer l’homme de 32 ans, mais l’individu de 40 ans est resté inconscient et il repose toujours dans un état critique à l’hôpital.

« Quand les policiers sont arrivés, [il y avait] deux hommes inconscients », a déclaré le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Benoît Boisselle. « Des manœuvres ont été faites sur les deux individus. »

L’homme dans la quarantaine était en arrêt cardiorespiratoire alors que l’autre était inconscient, mais il respirait toujours, a confié le porte-parole d’Urgences-santé, Steve Kouloumentas, en entrevue à RDI. « Dans les deux cas, la naloxone a été administrée. »

La naloxone, qui s'administre avec une seringue et un diffuseur par voie nasale, est cet antidote qui permet de suspendre l’effet du fentanyl le temps que les patients soient transportés à l'hôpital. Le fentanyl est un opiacé qui se retrouve de plus en plus mêlé à l’héroïne. « C’est une drogue beaucoup plus forte que l’héroïne que l’on trouvait de façon régulière », précise M. Kouloumentas.

« D’autres médicaments ont également été administrés par l’équipe de soins avancés sur la personne en arrêt cardiorespiratoire », ajoute M. Kouloumentas.

La victime réanimée par les ambulanciers collabore avec les policiers. L'homme de 32 ans a dit aux policiers avoir acheté de l’héroïne dans un endroit bien précis au centre-ville de Montréal.

Les deux individus sont arrivés de Val-d'Or en autobus, au cours de l'après-midi, et ils ont ensuite cherché un revendeur de drogue au parc Émilie-Gamelin. Ils voulaient faire un « hit » pour expérimenter l'héroïne.

Les enquêteurs ont recueilli tous les éléments de preuve liés à la consommation de stupéfiants sur les lieux de l’événement. « Ces éléments seront analysés pour savoir exactement quelle substance a été administrée à ces individus », a indiqué M. Boisselle.

« Est-ce que cette substance-là était uniquement de l’héroïne ou y avait-il autre chose intégrée à ce liquide-là ? », interroge le porte-parole du SPVM. « Ce sera l’analyse des stupéfiants qui va nous permettre d’avoir une conclusion exacte de la substance qui a été consommée. »

Sans parler de crise, M. Kouloumentas affirme que le nombre de cas de surdose de fentanyl est en augmentation.

L’événement survient quelques heures seulement après l’annonce par le gouvernement du Québec des nouvelles mesures pour contrer les surdoses. La naloxone - l’antidote au fentanyl qui se trouve de plus en plus souvent mêlé à l’héroïne - sera disponible gratuitement en pharmacie.

Les policiers et les pompiers auront également le médicament dans leur trousse de premiers soins et ils seront autorisés à l’administrer.

Le traitement à la naloxone

Il existe deux façons d’administrer de la naloxone aux opiomanes en situation de surdose. La première est par injection intramusculaire de 0,4 mg de naloxone et la seconde consiste à vaporiser 10 mg de naloxone par voie nasale.

La première nécessite une formation qui sera donnée aux policiers et aux pompiers. « C’est pas si difficile que ça, mais il y a quand même une manipulation à faire qui n’est pas toujours évidente en situation d’urgence, explique la médecin de famille spécialisée en dépendances, Marie-Ève Morin. « Les gens peuvent trembler. »

Fondatrice de la clinique Caméléon, qui vient en aide aux opiomanes, la docteure Morin estime que le naloxone aidera à sauver des vies. Cependant, elle croit qu’un meilleur accès aux traitements de la dépendance serait plus efficace.

« Les gens aux prises avec une dépendance aux opioïdes sont obligés de consommer, parce que c’est une dépendance qui est physique, dont le sevrage est très douloureux », explique la docteure Morin. « Il y a la méthadone et la buprénorphine, ce sont deux excellents traitements. Le problème, c’est l’accès au traitement. »

« Il faut augmenter la formation des médecins, poursuit-elle. Ça devrait être un traitement aussi accessible que l’insuline. »

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