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Deux jeunes Palestiniens tués dans un regain de tension 

L'autorité palestinienne a déposé samedi devant la Cour pénale internationale (CPI) une plainte formelle contre Israël pour crimes de guerre. Au lendemain de la mort d'un bébé palestinien brûlé vif et de deux adolescents, la menace d'une nouvelle explosion de violence se fait sentir. 

Un jeune Palestinien a été touché vendredi par une balle de l'armée dans le camp de réfugiés de Jalazoune, qui borde Ramallah. Il a succombé à ses blessures durant la nuit.

Toujours vendredi, un autre adolescent a été tué par l'armée israélienne, cette fois à Gaza. Selon l'armée, le jeune homme se serait approché trop près du mur séparant Israël de l'enclave palestinienne.

Samedi, le corps du jeune adolescent de 16 ans tué à Jalazoune a été mené jusqu'au cimetière.

Des centaines de Palestiniens ont suivi son cortège funèbre dans les rues de Ramallah, en scandant des paroles hostiles envers le gouvernement de Benyamin Néthanyahou qu'ils accusent de crimes de guerre. Ils ont jeté des pierres sur des soldats qui répliquaient à coups de grenades lacrymogènes et assourdissantes et de tirs de balles de caoutchouc.

Sa mère, en larmes au milieu des femmes venues présenter leurs condoléances, a accusé les soldats d'avoir tué « encore un enfant », « de sang-froid ».

Des manifestations antiviolence ont suivi en soirée à Tel-Aviv et Jérusalem, dénonçant à la fois le récent regain de tension et l'attaque au couteau d'un juif ultra-orthodoxe contre des participants de la parade gaie à Jérusalem, jeudi. 

Regain de tension, la CPI interpellée 

Les territoires se sont enflammés après qu'un bambin de 18 mois eut été brûlé vif, vendredi, en Cisjordanie occupée. Son frère et ses parents sont toujours dans un état critique.

Sur les murs de la maison incendiée, une étoile de David et des slogans évoquant la « vengeance » et le « prix à payer » laissent croire qu'il s'agit d'un acte d'extrémistes juifs.

L'incendie est survenu deux jours après la destruction, par Israël, de deux immeubles inhabités dans la colonie de Beit El, près de Ramallah, et l'expulsion des dizaines de personnes d'une autre implantation près de Naplouse. Ces gestes ont provoqué la colère des colons, malgré la promesse du gouvernement de reconstruire 300 nouvelles habitations. 

Le premier ministre israélien a décrit la mort du bambin comme une attaque « terroriste » et a promis de prendre toutes les mesures nécessaires pour que justice soit rendue. Mais le président palestinien Mahmoud Abbas a préféré s'en remettre à la CPI en déposant samedi un dossier contenant des éléments sur ce nouveau « crime de guerre ».

Malgré cette intervention politique, les territoires palestiniens sont secoués depuis vendredi par des actes de violence. Le cortège funéraire du petit Palestinien brûlé vif, devenu un symbole de la violence des colons, s'est transformé en manifestation vendredi. Des accrochages sont survenus avec les policiers israéliens.

D'autres heurts ont éclaté dans différentes zones de la Cisjordanie, où des colons ont empêché des paysans palestiniens d'aller travailler aux champs. 

À Jérusalem, le calme était revenu samedi matin après une nuit de violences, mais plusieurs observateurs attendent la fin du sabbat, jour  consacré au repos et au recueillement pour les juifs, pour prédire la suite des choses. 

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