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Deux partisans canadiens du président turc recherchés par la police américaine

Un mois après qu'une violente bagarre eut opposé des opposants au président turc Erdogan avec les gardes du corps de ce dernier, à Washington, les policiers américains ont lancé des mandats d'arrestation contre deux Canadiens relativement à cette altercation, qui avait fait neuf blessés.

Les deux hommes recherchés sont Mahmut Sami Ellialti et Ahmet Cengizham Dereci. Décrits comme des citoyens canadiens par la police américaine, ils font face à des accusations de voies de fait ayant causé d'importantes lésions corporelles. Mahmut Sami Ellialti est aussi accusé de voies de fait graves.

Les échauffourées sont survenues à l'extérieur de la résidence de l'ambassadeur turc dans la capitale américaine, le 16 mai dernier. Flanqué de ses gardes du corps, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, se trouvait sur les lieux. Il venait tout juste de terminer une rencontre à la Maison-Blanche avec le président américain, Donald Trump.

De l'autre côté de la rue, un petit groupe de manifestants prokurdes, opposés au président Erdogan, défilait. Des captations vidéo montrent les gardes du corps du président Erdogan traverser la rue et assaillir les protestataires.

Les policiers ont tenté à de multiples reprises de faire obstruction aux gardes du corps, auxquels des civils étaient venus prêter main-forte.

Une attaque « non provoquée » et « inacceptable », selon la police de Washington

Le chef de la police de Washington a dit de cette attaque qu'elle avait été « non provoquée ».

La vidéo montre des femmes et des hommes être battus, étouffés et couverts de coups de pied une fois au sol. Un vieil homme, au final gravement blessé, a reçu de multiples coups au visage de la part de divers agents du gouvernement turc. Au total, neuf personnes ont dû être traitées pour leurs blessures.

Une autre vidéo, prise à partir d'un autre angle, semble montrer le président Erdogan, tout juste avant la bataille, sortir d'une limousine, regarder les manifestants et s'entretenir avec un de ses gardes du corps. Ce dernier, accompagné de ses collègues, s'en serait alors pris aux manifestants.

La maire de Washington, Muriel Bowser, a déclaré qu'il s'agissait « d'une violente attaque contre une manifestation pacifique ». Le chef de police du district de Washington a parlé d'une attaque « intolérable ».

Pour sa part, le sénateur John McCain a eu cette phrase : « Nous devrions jeter l'ambassadeur [turc] hors des États-Unis ». Dans une lettre envoyée au président Erdogan, des sénateurs - tant démocrates que républicains - ont affirmé que l'attaque était liée à son comportement autoritaire en sol turc.

Erdogan conteste les accusations

Dans cette affaire, un total de 12 mandats d'arrêt ont été émis. À Ankara, le président turc a affirmé qu'il contesterait les accusations portées par la justice américaine par tous les moyens « politiques et légaux »

« De quelle sorte de justice parlons-nous? a-t-il demandé. Si mes gardes de sécurité ne peuvent me protéger, pourquoi les emmènerais-je avec moi aux États-Unis? »

À Ottawa, le ministère des Affaires mondiales a dit suivre la situation. Dans une déclaration envoyée à CBC, le ministère affirme que « le Canada condamne l'utilisation de la violence contre des manifestants pacifiques et est fortement en faveur des droits de la personne, de la liberté de parole et du droit de manifestation ».

Concernant la possibilité que des accusations soient portées en sol canadien dans cette affaire, Affaires mondiales Canada dit que la police de Toronto est la mieux placée pour répondre à ce sujet.

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