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Deux solutions de rechange au projet Northern Pass

Même si Hydro-Québec affirme toujours croire au projet Northern Pass, rejeté par le New Hampshire, la société d'État fait déjà activement la promotion de deux autres options qui lui permettraient d'exporter de l'énergie vers le Massachusetts.

Un texte de Hugo Lavallée, correspondant à l'Assemblée nationale

Jeudi dernier, les commissaires chargés d'étudier le projet Northern Pass dans l'État du New Hampshire rejetaient la proposition retenue par le Massachusetts, plaidant que sa réalisation pourrait avoir des effets négatifs sur le développement de l'État. Le promoteur du projet en territoire américain, Eversource, a déjà indiqué vouloir porter la décision en appel, mais le Massachusetts veut savoir ce qu'il adviendra du projet dès cette semaine. La gouverneure générale de l'État, Maura Healey, a réclamé mercredi plus de transparence des différentes parties impliquées dans le dossier, car pour elle plusieurs questions demeurent sans réponse.

Le projet Northern Pass devait permettre à Hydro-Québec de fournir 9,45 térawattheures d'énergie au Massachusetts pendant 20 ans pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. La société d'État se tourne maintenant vers deux autres scénarios.

Vermont

De concert avec TDI New England, Hydro-Québec propose notamment la construction d'une ligne électrique, partiellement sous-fluviale, passant par le Vermont.

Hydro-Québec acheminerait l'énergie jusqu'à la frontière américaine, d'où elle transiterait par deux câbles de 15 centimètres chacun qui seraient enfouis sous le lit du lac Champlain. L'opération serait réalisée à l'aide d'un petit robot capable d'enfouir les câbles à plus d'un mètre sous l'eau.

Le lac Champlain a une profondeur moyenne de 20 mètres. La ligne de 320 kV ferait 250 kilomètres de long dans sa portion américaine, dont environ les deux tiers sous l'eau, et serait construite au coût d'un 1,6 milliard de dollars américains. Le promoteur assure avoir obtenu les principales autorisations pour mener à bien son projet, y compris le permis de l'État et le permis présidentiel.

Maine

Hydro-Québec a également présenté un autre projet en partenariat avec l'entreprise Central Maine Power. Cette proposition prévoit la construction d'une nouvelle ligne de transport de la frontière québécoise avec le Maine jusqu'au sud de l'État.

La nouvelle infrastructure ferait 230 kilomètres dans sa portion américaine et serait essentiellement construite le long de lignes électriques existantes, dans des zones peu habitées du Maine. Le coût de construction de cette nouvelle ligne est évalué à 950 millions de dollars américains pour le volet américain, ce qui en fait, selon son promoteur, le projet le plus économique du lot.

À l'instar du projet Northern Pass toutefois, cette proposition n'a pas obtenu toutes les autorisations nécessaires.

Incertitudes au Québec

Dans les deux cas, Hydro-Québec n'a toutefois pas encore décidé quel tracé ces lignes électriques suivraient en territoire québécois. Il n'est donc pas possible pour l'instant de savoir à quel coût ces nouvelles infrastructures seraient construites. La société d'État soutient toutefois que la rentabilité de ces deux projets serait semblable à celle du projet Northern Pass.

Avant d'aller de l'avant avec la construction d'une nouvelle ligne de transport, Hydro-Québec devrait toutefois organiser des consultations dans les régions concernées et obtenir les autorisations gouvernementales nécessaires, ce qui entraînerait des retards. Ainsi, à la fois le projet passant par le Vermont et celui passant par le Maine, ne pourraient être mis en service avant 2022.

Quoi qu'il en soit, ce sera à l'État du Massachusetts, qui est à l'origine de l'appel de propositions, de prendre une décision.

Lors de l'annonce de la sélection du projet Northern Pass, l'État avait souligné le fait que l'électricité pourrait lui être acheminée dès 2020. Les deux solutions de rechange proposées par Hydro-Québec ne présentent toutefois pas cet avantage.

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