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Devenir bénévole pour aider les femmes à avorter en secret et en sécurité

La débrouillardise des femmes latino-américaines pour contrer les lois anti-avortement : c'est le sujet du documentaire L'avortement en ligne, du cinéaste d'origine canado-argentine Fernando Lopez Escriva. Le réalisateur y raconte l'histoire de groupes de bénévoles qui aident les femmes à avorter en toute sécurité chez elles avec le Misotrol, un médicament qui a révolutionné l'accès à l'avortement dans ces pays du Sud très catholiques où l'avortement est interdit.

Un texte de Ginette Lamarche à Désautels le dimanche

C'est au Brésil qu'on a découvert que le Misotrol, médicament utilisé pour soigner les ulcères d'estomac, pouvait provoquer une fausse couche. Des groupes de femmes se sont alors mobilisés dans plusieurs pays latino-américains pour diffuser l'information. Ces groupes clandestins de bénévoles ont également mis sur pied des lignes téléphoniques afin d'accompagner les femmes dans leur avortement à la maison.

En prison pour s'être fait avorter

Le Chili fait partie des sept pays d'Amérique latine où l'avortement est interdit en toutes circonstances. Dans la majorité des autres pays, une femme ne peut obtenir un avortement que si elle a été violée ou victime d'un inceste, dans le cas d'une malformation congénitale du bébé ou si sa propre vie est en danger. Au Chili et au Salvador, des femmes purgent des peines d'emprisonnement pour s'être fait avorter.

Selon Béatrice Vaugrante, directrice d'Amnistie internationale au Canada, organisme qui a documenté de nombreux cas pour aider des femmes à sortir de leur geôle après plusieurs années d'emprisonnement, l'importance de l'Église en Amérique latine explique en partie cette stigmatisation de l'avortement dans cette partie du monde.

Mme Vaugrante dénonce cette violence, qu'elle dit institutionnalisée par l'État.

Et au Canada...

En 1988, la Cour suprême du Canada a décriminalisé l'avortement. C'est au Québec que l'avortement est le plus accessible.

Quant à la pilule abortive, après des années de tergiversations, Santé Canada vient tout juste de l'autoriser.

L'accès à ce médicament devrait rendre l'avortement accessible à toutes les femmes du Canada, même celles des régions éloignées. La pilule devrait être offerte partout au Canada d'ici quelques mois.

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