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Déversement : la pollution s'est concentrée le long des berges

Les analyses réalisées pendant le déversement d'eaux usées de la semaine dernière démontrent que la contamination a suivi les berges de l'île de Montréal. 

Un texte d'Alexandre Touchette

Les eaux d'égout ne se sont pas diluées sur la largeur du fleuve, mais ont plutôt formé un étroit panache le long de la rive. Cette même dynamique va entraîner des fermetures répétées de la plage promise à Verdun lors des déversements qui surviennent en temps de pluie.

La Ville de Montréal a publié une partie des résultats de la campagne d'échantillonnage qui s'est déroulée lors du déversement, disponibles en ligne sous forme de carte interactive.

On y apprend que la contamination bactérienne des berges de Verdun a atteint 2 700 000 E. coli par 100 millilitres durant le déversement, soit 13 500 fois la limite autorisée pour la baignade.

Mais à 200 mètres des berges, de l'autre côté du chenal qui sépare Verdun de l'île des Soeurs, les concentrations étaient si faibles qu'on aurait pu, en théorie, se baigner en sécurité pendant le déversement.

Un phénomène prévisible

Ces résultats démontrent un phénomène bien connu des hydrologues. L'eau qui s'écoule le long de la rive sud de l'île de Montréal provient de l'Outaouais et des autres rivières qui se jettent dans le lac des Deux Montagnes.

Cette bande étroite se mélange très peu avec la veine principale qui s'écoule au centre du fleuve en provenance des Grands Lacs. Les eaux d'égout déversées en rive demeurent concentrées dans le filet de courant qui longe des berges de l'île de Montréal.

« Ce qu'on remarque, c'est que le pouvoir de dilution du fleuve Saint-Laurent, soi-disant très grand, n'arrive pas lors des déversements en berge. Le panache de pollution reste parfois concentré jusqu'à trois ou quatre kilomètres du point de rejet », remarque Daniel Green, de la Société pour vaincre la pollution.

La plage de Verdun menacée

De bien mauvaises nouvelles pour la plage qui doit ouvrir en 2017 derrière l'auditorium de Verdun : en temps de pluie, les égouts de Montréal sont surchargés et les eaux usées sont fréquemment déversées dans le fleuve par les mêmes ouvrages qui ont été utilisés pour vider l'intercepteur durant le déversement planifié de la semaine dernière. Ces débordements d'égouts dans le fleuve suivent le même trajet et vont frapper cette plage de plein fouet.

« Même si la plage est située loin, par exemple d'un point de surverse d'égout, la distance ne pourrait pas protéger la qualité de l'eau de la plage. On doit donc s'attendre à des fermetures de plage à répétition », poursuit Daniel Green.

Lors des journées de pluie de l'été dernier, le Réseau de suivi du milieu aquatique de la Ville de Montréal a mesuré à six reprises des taux supérieurs à la limite permise pour la baignade juste en amont de la plage proposée. Des taux qui auraient forcé chaque fois la fermeture de la plage pour au moins 48 heures.

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