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Dick Pound n'écarte pas l'exclusion de tous les athlètes russes à Rio

Il « n'est pas impossible » d'arriver à une exclusion totale de l'équipe de Russie des Jeux olympiques de Rio, et pas seulement des athlètes en athlétisme, a menacé dimanche Dick Pound, l'ancien président de l'Agence mondiale antidopage (AMA), au Sunday Times britannique.

« Exclure toute l'équipe de Russie des JO de Rio serait l'option nucléaire », a reconnu Dick Pound.

« Mais cela n'est pas impossible », a insisté le Canadien, fondateur de l'AMA, en faisant référence aux possibles révélations à venir de l'enquête diligentée par l'AMA, à la suite des aveux de Grigory Rodtchenkov, l'ancien patron du laboratoire antidopage russe, aujourd'hui réfugié aux États-Unis, concernant un supposé système de tricherie organisé lors des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi en 2014, pour masquer des cas de dopage russes.

Pour l'instant, seuls les athlètes russes sont interdits de JO, après le maintien de la suspension de la Fédération russe d'athlétisme (ARAF) par la Fédération internationale (IAAF) vendredi.

Cette suspension avait initialement été décidée en novembre, après un rapport cinglant d'une commission d'enquête indépendante de l'AMA dénonçant un système de dopage et de corruption institutionnalisé en Russie, rapport rédigé par Dick Pound justement.

Mais l'interdiction faite aux athlètes russes d'aller à Rio pourrait être étendue à tous leurs compatriotes, tous sports confondus, menace M. Pound, en faisant allusion à l'enquête menée par le Canadien Richard McLaren, après les accusations de M. Rodtchenkov dans le New York Times du 12 mai.

« Cette enquête a été ouverte après les propos de M. Rodtchenkov [...] or il était assez haut placé dans le système russe pour savoir ce qui se passait », a insisté M. Pound, sous-entendant que le dopage dans le sport russe pourrait ne pas s'être limité à l'athlétisme.

Cette enquête menée depuis mai par M. McLaren, professeur de droit au Canada et membre du Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne, en Suisse, devrait aboutir d'ici le 15 juillet.

Dans un premier jet de ce rapport, dévoilé vendredi par l'AMA, M. McLaren avait affirmé « disposer de preuves » permettant de démontrer que « le ministère russe des Sports était impliqué dans les instructions données au laboratoire (russe) de ne pas publier des résultats de contrôles antidopage positifs lors des mondiaux 2013 » d'athlétisme de Moscou.

Le même jour, vendredi, une enquête conjointe du Times britannique et du Frankfurter Allgemeine avait affirmé, grâce à des sources anonymes, que deux personnes au coeur du système russe de lutte contre le dopage, dont M. Rodtchenkov, auraient proposé en 2011 à la Fédération russe de natation de ne pas contrôler certains nageurs, moyennant une importante somme d'argent.

La Russie réplique

La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) devrait « être dissoute » et a injustement rejeté toute la responsabilité du scandale de dopage sur la Russie, a jugé dimanche le ministre russe des Sports Vitali Moutko.

« En fait, en rejetant toute la responsabilité sur la Fédération russe d'athlétisme, ils se sont eux-mêmes défaussés de toute responsabilité », a déclaré M. Moutko à l'agence R-Sport.

« C'est elle (l'IAAF) qu'il faut totalement dissoudre, si son président fait l'objet d'une enquête criminelle. Il est accusé d'avoir reçu des pots-de-vin et d'avoir dissimulé des échantillons d'athlètes », a-t-il ajouté, en faisant référence à un documentaire de la BBC jeudi dans lequel la télévision britannique accuse Sebastian Coe d'avoir été élu grâce à des voix drainées par Papa Massata Diack, le fils de Lamine Diack, son prédécesseur à ce poste, sous le coup d'un mandat d'arrêt international pour son rôle dans le scandale du dopage en Russie.



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