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Direction du Parti conservateur : s’inspirer ou non de Trump?

Pendant des mois, les politiciens fédéraux ont évité de mentionner son nom. Aujourd'hui élu président, Donald Trump devient un sujet incontournable. Et dans la course à la direction du Parti conservateur, une candidate aimerait bien s'en inspirer pour gagner. 

Une analyse de Raphaël Bouvier-Auclair

Un débat à 12 candidats, le lendemain d'une élection présidentielle historique. Les conditions semblaient à la base loin d'être idéales pour que les Canadiens apprennent à connaître davantage les aspirants chefs du Parti conservateur.

Les candidats à la succession de Stephen Harper sont nombreux sur la ligne de départ. Bilinguisme et fonds pour faire campagne : avec les mois, certaines barrières pourraient contribuer à ce que le nombre de candidats diminue.

D'ici là, la stratégie pour plusieurs d'entre eux, c'est de se démarquer.

Une candidate contre les élites

La députée ontarienne Kellie Leitch ainsi que le député québécois Steven Blaney ont choisi d'emprunter le chemin identitaire, un thème qu'ils ont mentionné dans leur discours d'ouverture pendant le débat.

Dans le cas de Kellie Leitch, sa proposition de faire passer un test de « valeurs canadiennes » aux nouveaux arrivants a beaucoup fait parler depuis quelques mois.

Après la victoire de Donald Trump, c'était l'une des premières politiciennes à réagir au pays. Dans un courriel envoyé à ses militants, elle se réjouissait de la victoire du milliardaire.

Selon elle, les messages véhiculés par Donald Trump pendant la campagne américaine doivent être véhiculés ici aussi. Des propos qu'elle a répétés pendant le premier débat de la course à la direction.

Elle qui veut aujourd'hui surfer sur la vague martelait pourtant il y a quelques semaines que les affirmations qui associaient ses propositions à celles de Donald Trump étaient injustes et infondées.

Pendant le débat mercredi, Kellie Leitch n'a pas raté une occasion de mentionner à quel point elle avait des affinités avec celui qui deviendra le 45e président des États-Unis.

Son courriel n'a pas été apprécié de tous. Un ancien employé de Kellie Leitch l'a attaquée sur Twitter, lui reprochant de s'associer à Donald Trump, alors qu'elle a été ministre de la Condition féminine.

Aucun de ses adversaires n'est allé aussi loin en commentant le résultat de l'élection présidentielle. Certains ont même jugé que les liens avancés par Kellie Leitch n'avaient rien de bon pour le Parti conservateur.

Le défi est en tout cas de taille. Si Donald Trump a fait le pari que le vote des communautés culturelles n'était pas essentiel, le Parti conservateur n'a pas nécessairement ce luxe.

Les propositions conservatrices sur le niqab et la révocation de citoyenneté ont coûté au parti des appuis dans certaines régions, comme les banlieues de Toronto et de Vancouver qui avaient été déterminantes pour obtenir une majorité en 2011.

L'idée d'importer l'approche Trump a dérangé le candidat Deepak Obhrai pendant le débat de mercredi.

Harper, Trump et le libre-échange

L'approche de Donald Trump sur la question de l'immigration ne fait donc pas l'unanimité au sein des candidats conservateurs.

Et ce n'est pas tout. Le libre-échange est l'un des thèmes pour lequel le fossé est particulièrement profond entre le président élu et les conservateurs canadiens.

Au sein du parti, l'héritage de Stephen Harper qui a ouvert les portes du pays en multipliant les accords de libre-échange est salué par tous. Une idéologie bien loin de celle de Donald Trump qui parle de renégocier, voire déchirer certaines ententes.

N'empêche, certains candidats croient qu'il faut saisir l'occasion. C'est le cas de Maxime Bernier qui croit que de renégocier l'ALENA serait l'occasion de tenter d'appliquer le libre-échange à plus d'industries.

Outre ses positions sur des enjeux majeurs pour le Canada, il y a le parcours de Trump qui sera analysé avec attention par les prétendants à la direction du Parti conservateur.

Comme lui, ils doivent se démarquer face à une dizaine de candidats pour gagner la course et ensuite affronter un adversaire politique pour qui une victoire électorale semble plus probable.

Les 12 candidats à la direction du PCC

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