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Disparition de Robert Levinson : des ex du FBI sont venus au Canada pour élucider le mystère

Des proches de Robert Levinson, cet Amércain lié à la CIA et qui a disparu en Iran en 2007, sont venus au Canada pour essayer d'élucider le mystère entourant sa disparition, a appris Radio-Canada. Une rencontre avec un homme d'affaires canadien a aussi précédé une réunion cruciale entre des proches de M. Levinson et un important diplomate iranien.

Un reportage de Bahador Zabihiyan

M. Levinson a disparu en 2007 après s'être rendu sur l'île iranienne de Kish dans le cadre d'une mission non autorisée que lui ont confiée des agents de la CIA, sans recevoir l'aval de leurs supérieurs.

Boris Birshtein, un homme d'affaires torontois qui possède un solide réseau de contacts en Russie, dit l'avoir rencontré « une couple de fois ». Lors de sa dernière rencontre, M. Birshtein l'avait d'ailleurs aidé à entrer en contact avec une personne qu'il connaissait, dans un dossier en lien avec la Russie.

L'homme d'affaires torontois dit qu'il ne savait pas que M. Levinson était un consultant sous contrat avec la CIA chargé de recueillir des informations au sujet de l'Iran. Il s'était présenté comme un homme d'affaires.

En entrevue téléphonique avec Radio-Canada, M. Birshtein dit qu'il n'a plus eu de nouvelles de M. Levinson jusqu'à sa disparition. C'est après cet évènement que plusieurs anciens agents du FBI, où avait déjà travaillé M. Levinson, sont venus le voir à Toronto, pour essayer de recueillir des informations, selon ses propos. Il ne se souvient pas de la date exacte de la rencontre.

C'était d'ailleurs une de ces personnes qui l'avait présenté à M. Levinson, il y a plusieurs années.

Le journaliste du New York Times, Barry Meier, qui est l'auteur d'un livre à paraitre au sujet de M. Levinson, précise dans un article publié samedi que l'enquête du FBI sur la disparition de M. Levinson n'avançait pas. Entre 2007 et 2011, l'agence américaine s'est alors tournée vers des « hommes d'affaires » comme M. Birshtein, qui pourraient aider les États-Unis, en échange de « faveurs » de la part du gouvernement américain.

M. Birshtein dit qu'il n'a jamais collaboré avec les autorités américaines et qu'il a simplement répondu aux interrogations des proches. En 2011, le FBI a coupé ses contacts avec les hommes d'affaires, car ils apportaient peu de résultats, dit le New York Times. Peu de temps après, M. Birshtein s'est rendu à Washington pour rencontrer un de ses amis, le pasteur Douglas Coe. Ce dernier était impliqué dans un processus non officiel pour tenter de localiser M. Levinson, rapporte le New York Times.

Sans pouvoir donner la date exacte, M. Birshtein confirme la rencontre avec M. Coe et ajoute que les anciens agents du FBI qu'il avait déjà rencontrés à Toronto étaient présents.

Sa mémoire ne lui permet pas de se souvenir de la date exacte de la rencontre ni du détail des discussions. « Ça fait bien des années, vous savez », dit M. Birshtein.
« Après cette rencontre, il a envoyé ses gens en Europe pour rencontrer quelqu'un », dit M. Birshtein.

Le New York Times rapporte que peu de temps après cette rencontre, M. Coe a demandé à Robert A. Destro, un professeur de droit affilié à sa fondation, de rédiger une lettre destinée au guide suprême iranien, Ali Khamenei.

La lettre a été remise à l'ambassadeur iranien à Paris, qui a demandé une rencontre d'urgence à ce sujet, rapporte le New York Times. Deux représentants de la fondation de M. Coe s'y sont rendus. Dans un rapport du FBI obtenu par le New York Times, on lit que l'ambassadeur iranien a dit que M. Levinson se trouvait en Iran, sans donner plus de détails.

Par la suite, le diplomate iranien a indiqué que M. Levinson pourrait retrouver la liberté. Et il a ajouté qu'il espérait qu'un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique serait publié après une réunion cruciale de la communauté internationale sur le nucléaire iranien plutôt qu'avant cette réunion. Le rapport a été publié une semaine après la réunion, en novembre 2011.

La famille de M. Levinson est sans nouvelles ou presque. Les relations entre l'Iran et les États-Unis se sont améliorées. Les deux pays ont procédé à un échange de prisonniers ce mois-ci.

Dans des déclarations distinctes, des responsables iraniens et américains ont récemment estimé que M. Levinson ne se trouvait pas en Iran, sans donner plus de détails. La République islamique a indiqué qu'elle était prête à collaborer avec les États-Unis pour déterminer où se trouve M. Levinson.

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