Depuis que Raul Castro a pris la relève de son frère Fidel, le 31 juillet 2006, Cuba s'est progressivement transformé, façonné par d'importantes réformes économiques et le rétablissement de relations diplomatiques depuis longtemps rompues. Retour sur 10 ans de pouvoir.

Succédant à son frère malade, Raul Castro devient officiellement président de Cuba en février 2008. Il lui faudra toutefois attendre avril 2011 avant d'être seul aux commandes du Parti communiste de Cuba (PCC), après que le père de la Révolution cubaine lui eut également cédé le poste de Lider maximo.

À l'occasion du 6e congrès du PCC, en 2011, quelque 300 mesures concernant l'ouverture au secteur privé, la décentralisation de l'appareil d'État et l'autogestion des entreprises publiques sont approuvées, véritable coup d'envoi pour les changements à venir.

Dégel des relations diplomatiques

Après de timides débuts, les États-Unis et Cuba ont annoncé un rapprochement historique, le 17 décembre 2014, après plus de 50 ans d'isolement diplomatique.

Malgré le dégel, l'État socialiste cubain reste soumis à l'embargo américain depuis 1962. Les efforts du président américain Barack Obama ont été vains de ce côté, le Congrès étant dominé par les républicains qui sont majoritairement opposés à une telle mesure.

L'ouverture du dialogue a malgré tout donné lieu à plusieurs avancées. Les voyages et le commerce avec Cuba ont été facilités et les ambassades ont rouvert leurs portes, La Havane ne figurant plus sur la liste noire des États qui « soutiennent le terrorisme ».

Barack Obama s'est rendu à Cuba en mars 2016, une date historique qui marque la première visite d'un président américain en exercice en 88 ans.

Mais un assouplissement de l'embargo demeure insuffisant, selon Raul Castro. En septembre 2015, lors de son premier discours à l'ONU, le président cubain a exigé la levée de toutes les restrictions.

Raul Castro a également consolidé la normalisation de ses relations avec l'Union européenne, gelées depuis 1996, lors de la signature d'un accord de dialogue avec les 28 États-membres en mars 2016. Cuba était jusqu'alors le seul pays d'Amérique latine à ne pas avoir d'accord de coopération avec l'UE.

Réforme du modèle économique cubain

Avec Raul Castro, l'économie du pays a connu une réelle ouverture à l'économie de marché et à l'initiative privée. Cuba compte aujourd'hui près de 500 000 travailleurs privés - les « cuentapropistas » - , auxquels s'ajoutent des agriculteurs et des coopératives indépendants.

Les Cubains sont désormais libres d'acheter et de vendre leurs logements et leurs véhicules, de naviguer sur le web grâce à des bornes wi-fi extérieures et de voyager à l'étranger sans avoir besoin d'une « autorisation de sortie », permis qui était autrefois exigé par les autorités.

Après avoir été supprimées en 1968, les petites et moyennes entreprises marquent un retour, selon un projet de légalisation approuvé par les autorités du pays en mai dernier. 

Si les autorités ont donné le feu vert à la libération de quelque 130 détenus politiques en juillet 2010, des experts continuent de critiquer l'attitude du gouvernement de Castro, qui nie à ce jour l'existence de prisonniers politiques sur l'île.

D'autres voient une continuité de Fidel à Raul, le pays fonctionnant selon un système de parti unique qui fait taire les dissidents.

Selon le dernier recensement de la Commission cubaine des droits de l'homme (CCDH), Cuba compte 93 personnes détenues pour des « motifs politiques ».

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