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Dolan revient pour la première fois sur sa décision de couper Jessica Chastain

Invité dimanche à l'émission Culture Club, d'ICI Première, Xavier Dolan a évoqué les remous entourant son prochain film, The Death and Life of John F. Donovan. Le réalisateur a annoncé le 4 février avoir coupé au montage la vedette Jessica Chastain. Sûr de son film, l'intéressé revient sur les raisons de son choix.

Dès le tournage, Jessica Chastain détonnait. Xavier Dolan se souvient de la rédactrice en chef d’un magazine à potins créée par l'actrice comme d’un personnage décalé, dont les costumes et l’univers visuel formaient un ensemble « assez délirant », a-t-il décrit à René-Homier Roy.

Si cette femme haute en couleur lui a plu, semaine après semaine, alors que sa vision du film évoluait radicalement, Xavier Dolan a pourtant dû se rendre à l’évidence : celle qui était « une vraie de vraie méchante » n’avait plus sa place. Fini, l’idée de faire de The Death and Life of John F. Donovan « une réflexion sur l’industrie du cinéma à travers le prisme des films des superhéros ». Fini dès lors, aussi, la présence de la vilaine.

Apprendre que Jessica Chastain ne faisait plus partie du film en a surpris plus d’un. Pour Dolan, en revanche, il n’y a pas là matière à s’étonner. « Un film, c’est une matière évolutive; il n’y a pas qu’une seule écriture », souligne-t-il. Après le scénario initial surviennent des changements au moment du tournage, avant que le montage ne constitue lui-même un nouveau tournant.

Hommage aux films familiaux

Le premier long métrage en langue anglaise du réalisateur est donc devenu un hommage aux films familiaux avec lesquels il a grandi, tel Madame Doubtfire, sur lequel le Québécois ne tarit pas d’éloges. Pour lui, cette comédie mettant en vedette Robin Williams est « une grande réflexion sur le divorce, la paternité et la maternité », aussi importante que le drame multioscarisé Kramer contre Kramer (1979).

The Death and Life of John F. Donovan met en lumière les mêmes codes cinématographiques, accessibles et populaires, à travers l’histoire d’un jeune acteur qui se remémore sa correspondance, alors qu’il était un enfant, avec une vedette de la télévision – le Donovan en question, joué par Kit Harington.

« En suivant cet enfant-là, on voit le monde à travers ses yeux. Le monde qu’il voit, c’est un peu le monde que moi j’ai appris à voir avec ces films-là », raconte encore Xavier Dolan. Comme dans chacun de ses films, les relations mère-fils sont également très présentes.

Malgré les doutes que l’annonce sur Jessica Chastain a pu susciter, le lauréat du César du meilleur réalisateur pour Juste la fin du monde paraît sûr de son fait et de lui-même. Tourner en anglais avec de grandes vedettes – outre Harington et Chastain, la distribution comprend Natalie Portman, Susan Sarandon et Kathy Bates – ne lui a pas fait perdre ses moyens. Il est confronté au syndrome de l’imposteur, mais seulement chez lui, pas sur un plateau où une centaine de personnes dépendent de lui : « Je ne peux pas me permettre ça ».

« La société a un problème avec ça. C’est pour ça que l'on confond la confiance en soi avec la prétention ou le narcissisme », a encore indiqué le réalisateur.

Matt & Max, l’autre film qui fait (déjà) parler

Alors que The Death and Life of John F. Donovan n’a pas encore de date de sortie officielle, on sait depuis fin janvier que Xavier Dolan tournera son prochain film au Québec. Matt & Max abordera le thème de l’amitié et de l’amour, dans un film où deux jeunes hommes, inséparables depuis l’enfance, tombent amoureux l’un de l’autre alors qu’ils ne sont pas gais.

L’artiste montréalais dit vouloir aborder l’homosexualité « sans détour ». Issu d’une génération où cette dernière était encore entourée de préjugés, il avoue « avoir parfois gardé une certaine réserve » dans ses films sur la question, notamment dans Mommy, où la sexualité de l’adolescent interprété par Antoine Olivier Pilon n’est jamais évoquée.

Son envie d'aborder le sujet de manière plus directe a sans doute été renforcée par un récent titre des Inrocks, magazine français pourtant perçu comme progressiste et avant-gardiste : « Xavier Dolan prépare un film sur l’homosexualité » (l'article a depuis été renommé « Xavier Dolan prépare un nouveau film »). « C’est quand même étonnant comme en-tête. On entend assez peu parler de réalisateurs qui préparent des films sur l’hétérosexualité ou sur la noirceur de peau », a-t-il ironisé.

« Je n’ai pas envie de me dire : "Est-ce que mon film est trop gai?", de la même manière qu’on peut se dire dans la rue, pendant qu'[on marche] : "Est-ce que j’ai l’air gai?". On s’en câl****, tsé », a conclu Xavier Dolan.

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