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Don de photographies d’Annie Leibovitz : un trésor culturel ou un stratagème fiscal?

Les oeuvres de la photographe Annie Leibovitz données au Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse il y a quatre ans sont coincées dans un bourbier administratif pouvant impliquer des millions de dollars pour les donateurs et l'artiste.

Le Musée a reçu 2000 oeuvres de la photographe américaine Annie Leibovitz en juin 2013. La collection, qui était un don de la famille Mintz, de Toronto, n’a toujours pas fait l’objet d’une exposition.

Le Musée a demandé à la Commission canadienne d'examen des exportations de biens culturels de reconnaître la collection comme étant d’importance nationale. Selon le Musée, la valeur marchande de la collection s’élève à près de 20 millions de dollars. Une réduction d’impôts de plusieurs millions de dollars serait ainsi possible pour les donateurs.

La Commission a toutefois jugé que la majorité des photographies n'était pas d'importance nationale. Un conseiller supérieur de la Commission a noté durant la seconde délibération au sujet de la collection que la demande repose sur des raisons financières plutôt qu’artistiques.

Un avocat de Toronto expérimenté en matière de dons d’oeuvres d’art, Aaron Milrad, n’est pas d’accord. « Ce n’est pas une escroquerie d’impôt. C’est un trésor pour le Canada », dit-il.

Les membres de la Commission ont déjà rejeté trois demandes du Musée visant à faire reconnaître la collection comme étant d’importance nationale.

La présidente du Musée, Nancy Noble, explique que cela a eu des conséquences sur les relations avec l'artiste, qui est devenue plus distante de l’établissement et du Canada tout entier.

Selon des documents déposés à la Cour fédérale, la famille Mintz s’était entendue avec Mme Leibovitz pour lui remettre 4,75 millions de dollars pour la collection.

Le donateur Harley Mintz dit qu’il est injuste de considérer l’entente comme étant un stratagème fiscal. Il explique que sa famille a été approchée par des sommités en matière d’art qui lui ont demandé de faciliter un don au Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse d’oeuvres de l’une des photographes les plus connues au monde. Au lieu d’être célébré, déplore-t-il, le don se heurte à une résistance incompréhensible.

Harley Mintz souligne qu’Annie Leibovitz n’a reçu que la moitié de l’argent promis parce que son contrat est lié à la certification de la Commission.

Il n’a pas été possible d’obtenir des commentaires de la photographe Annie Leibovitz.

Le Musée a déposé une quatrième demande à la Commission. En attendant le verdict, les photographies d'Annie Leibovitz restent entreposées. On ne sait pas si elles seront exposées un jour en Nouvelle-Écosse.

La collection comprend certaines des oeuvres les plus connues de Mme Leibovitz, comme la photographie de John Lennon embrassant Yoko Ono quelques heures avant qu’il soit tué, ou encore un portrait de l’actrice Demi Moore nue et enceinte.

D’après des reportages de Richard Cuthbertson, Susan Allen, Jack Julian, CBC

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