Donald Trump n'est pas Bill Clinton et encore moins Barack Obama, deux ex-présidents qui maîtrisaient l'art de rassurer les Américains lors de tragédies.

Un texte de Christian Latreille, correspondant à Washington

George W. Bush s’était aussi distingué au lendemain des attaques du 11 septembre 2001 en se rendant dans les ruines fumantes du World Trade Center pour réconforter les pompiers de New York.

Pour sa part, Donald Trump n’avait pas encore eu l’occasion de montrer son empathie et sa sensibilité en public.

Il a surtout offert, jusqu’à maintenant, le portrait d’un homme de peu de mots et aux gestes parfois maladroits.

La visite du président Trump, au sud du Texas, où les pires inondations de l’histoire des États-Unis frappent Houston, comportait donc des risques politiques.

Les Américains souhaitent de plus en plus, en temps de crise, que leur président vienne leur dire que tout est maîtrisé et que tout ira bien.

Oui, Donald Trump s’est rendu rapidement au Texas, mais pas un mot pour les familles des personnes qui ont perdu la vie. Aucun commentaire sur le policier mort noyé dans sa voiture. Et aucune référence à la douleur des sinistrés.

Il a échoué à sa première tentative comme « consoler in chief », l’homme qui console, comme les Américains aiment décrire leur président dans les moments difficiles.

Dès son arrivée à Corpus Christi, une des villes touchées par l’ouragan Harvey, il s’est plutôt empressé de féliciter le gouverneur de l’État pour son bon travail en rappelant à tous qu’il était aussi son « ami ».

Par la suite, à l’extérieur, il a harangué la foule, impressionné, a-t-il souligné, par autant de gens venus l’entendre.

Le président a alors agité un drapeau du Texas au plus grand plaisir de la foule qui étrangement sentait le besoin de célébrer on ne sait trop quoi.

Donald Trump donnait davantage l’impression d’être en campagne électorale plutôt que dans une zone où les gens sont encore prisonniers de l’eau qui monte.

Le président des États-Unis a raté l’occasion de démontrer de la compassion pour les centaines de milliers de Texans qui vivent ce cauchemar.

Il a échoué à ce premier test qui consistait à simplement se montrer sensible et empathique face à une population démunie.

Donald Trump a tout de même promis de l’aide financière aux résidents de cette région du Texas où seulement 15 % des gens sont assurés contre les inondations.

Faute d’empathie, le président des États-Unis aura dorénavant la tâche de concrétiser ses promesses matérielles.

De l’aveu même de Donald Trump, l’ouragan Harvey va hanter le Texas pour les 5 à 10 prochaines années. Le chef de la Maison-Blanche entend retourner sur les lieux du désastre durant la fin de semaine.

Il aura donc une seconde chance de prouver qu’une catastrophe naturelle ce n’est pas l’endroit pour un concours de popularité, mais un lieu où les sinistrés attendent de leur président un peu de réconfort et de chaleur humaine.

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