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Donald Trump le président face à Donald Trump l'homme d'affaires

Le 26 octobre dernier, en pleine campagne présidentielle, le futur président des États-Unis, Donald Trump, inaugurait un luxueux hôtel portant son nom à Washington. Pour certains, il s'agit de l'illustration parfaite des potentiels conflits d'intérêts du président désigné.

Les entreprises Trump gèrent cet hôtel dans l'édifice qu'elles louent au gouvernement fédéral, ce même gouvernement que Donald Trump dirigera à partir du 20 janvier prochain.

L'empire immobilier Trump regroupe une centaine de propriétés de luxe dans au moins 18 pays, dont la Chine, l'Inde et l'Arabie saoudite.

Ce qui fait dire à plusieurs analystes que Donald Trump s'expose à des conflits d'intérêts d'une magnitude sans précédent. Craig Holman, spécialiste des questions d’éthique chez Public Citizen, une association qui spécialise en droit de la consommation, se demande si le futur président prendra ses décisions en matière de politique étrangère en fonction des intérêts des Américains ou bien des intérêts de ses entreprises.

Donald Trump a rencontré trois partenaires d'affaires indiens la semaine dernière à New York, démontrant qu'il n'avait pas abandonné ses activités commerciales.

Cela suffit à alimenter les craintes de confusion entre les intérêts du milliardaire Trump et du futur président Trump.

Kellyanne Conway, sa directrice de campagne, a réagi aux critiques en tentant de se faire rassurante. « Je suis certaine qu'il ne contrevient à aucune loi », dit-elle.

Or, il faut savoir que les lois sur les conflits d'intérêts ne s'appliquent pas au président des États-Unis.

Pour calmer le jeu, Donald Trump a indiqué en campagne électorale qu'il allait confier ses affaires à une société fiduciaire sans droit de regard... gérée par ses enfants.

Pour Craig Holman, l’argument est peu convaincant. « Ce qu’il qualifie de société sans droit de regard n’est pas exempt de droit de regard justement, puisque ça reste dans la famille », explique-t-il.

Le prochain secrétaire général de la Maison-Blanche, Reince Priebus, assure que le conseiller légal du gouvernement va revoir toutes ces questions.

« La loi est de mon côté »

Et que pense le principal intéressé de toute cette histoire? Sur Twitter, Donald Trump a répondu que seuls les médias corrompus montent cette affaire en épingle.

En entrevue, mardi, avec plusieurs journalistes du New York Times, le président désigné a déclaré qu’il ne percevait aucun conflit d'intérêts entre la gestion de ses entreprises et l'exercice de ses fonctions de président.

La loi est de mon côté, il n'y a pas de conflit d'intérêts pour le président.

Le président désigné Donald Trump

« En théorie, je dois pouvoir gérer mes affaires parfaitement et gérer le pays parfaitement. Il n'y a jamais eu de cas semblable », a-t-il affirmé.

Avec les informations de Philippe Leblanc

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