Donald Trump se retrouve moins souvent dans le quotidien des Américains ces jours-ci. Ce n'est pas qu'on ne parle plus du riche homme d'affaires devenu politicien. Il ne semble pas avoir ralenti son rythme de campagne et d'événements publics. Mais l'intérêt pour ses déclarations-chocs et ses attaques abrasives diminue.

Un texte de Yanik Dumont Baron correspondant à Washington  

Donald Trump assure qu'il veut toujours la présidence. S'il est sérieux, le véritable test s'en vient. Celui de l'argent.

Tout l'été, la candidature de l'excentrique milliardaire a fait la manchette, donné le ton à la course républicaine. De la publicité largement gratuite, générée grâce aux talents de « showman » de Donald Trump.

Dans les dernières semaines, ses tentatives de faire parler de lui sont tombées un peu à plat. Comme la caisse d'eau envoyée à l'adversaire Marco Rubio (qui sue beaucoup sous les projecteurs). Vous en avez entendu parler? Comme bien d'autres, j'ai vu, et fait « bof », sans partager.

Ce n'est pas juste une impression. Les firmes qui calculent le temps d'antenne, les mentions sur Internet, le confirment. « Une bonne vieille blague de Trump n'attire plus autant d'attention qu'avant », explique l'analyste Anthony York, de Zignal Labs, au New York Times. Oui, l'homme demeure premier dans les intentions de vote, mais son avance a beaucoup diminuée. La moyenne de ses appuis aussi.

Donald Trump le sent peut-être. Surtout après une performance peu appréciée au second débat des candidats républicains.

Ces jours-ci, le milliardaire le répète haut et fort: il est dans la course pour rester. « Je ne vais jamais abandonner! » lançait-il à MSNBC... quelques jours après avoir suggéré qu'il quitterait la course si ses appuis diminuaient trop. « Je ne suis pas masochiste. »

Début de la « seconde phase »

L'entourage de l'homme d'affaires fait aussi beaucoup pour montrer le sérieux de sa campagne. Au Washington Post, on parle d'une « seconde phase » dans la campagne.

Un moment où Trump agira davantage comme un candidat traditionnel. Sa femme et sa fille devraient faire campagne à ses côtés. Il devrait détailler ses idées qui touchent directement son électorat, comme les emplois manufacturiers perdus. Un livre est aussi attendu. Bien sûr, le titre est provocateur : « Crippled America » (Les États-Unis affaiblis, handicapés).

Le livre doit être lancé début novembre. C'est encore une tactique publicitaire qui coûte peu. Mais pour gagner, Donald Trump devrait bientôt sortir son chéquier... et dépenser de l'argent. Beaucoup d'argent. Des dizaines de millions, si l'on se fie aux récentes courses primaires.

L'argent est nécessaire pour deux choses : payer la publicité télévisée pour répliquer aux attaques des adversaires et embaucher le personnel qui transformera les appuis en véritables votes. Des choses dont la campagne Trump n'avait pas vraiment besoin de se préoccuper cet été. Depuis qu'il est dans la course, le milliardaire n'a investi que 2 millions dans l'aventure. Neuf fois moins qu'Hillary Clinton. Trois fois moins que Ben Carson, qui talonne Trump dans les intentions de vote.

Plus la date des premières élections primaires approche (février 2016), plus le besoin se fera pressant.

Donald Trump a dit qu'il était prêt à mettre 100 millions de sa propre poche pour remettre les États-Unis sur pied. On saura bientôt s'il était sincère.

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