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Du clavardage altéré déposé en preuve au procès de l'écrivain Maxime Roussy

Le seul témoin appelé par l'avocate de l'auteur jeunesse Maxime Roussy ne l'aura finalement pas très bien servi. Les déclarations de cet expert en informatique ont forcé la défense à reconnaître que les séances de clavardage qu'elle avait présentées en preuve avaient été modifiées.

Un texte de Geneviève Garon

Il s'agit d'une munition supplémentaire pour la Couronne, qui compte bien le faire reconnaître coupable des 11 chefs d'accusation de nature sexuelle qui pèsent contre lui.

Maxime Roussy était assis dans la première rangée de la salle d'audience. Un de ses quatre enfants adolescents était à ses côtés. L'écrivain de 40 ans portait des vêtements sombres et semblait nerveux par moments. Il se rongeait les ongles et prenait quelques notes dans un cahier noir.

Quelques mètres à sa droite, se trouvait la victime présumée : une femme de 22 ans qui regardait droit devant elle. Les regards qu'elle a jetés - rarement - à l'accusé n'avaient rien d'amical.

Des séances de clavardage

L'expert en informatique appelé par la défense, Gilles Létourneau, a été longuement contre-interrogé par la procureure de la Couronne, Caroline Dulong.

Il se prononçait sur un document qui a été déposé en preuve par la défense. Il s'agissait d'enregistrements de séances de clavardage.

L'accusé a affirmé qu'il avait eu cette correspondance avec la victime en 2010. Ces échanges tendent à démontrer que la jeune femme a voulu le piéger.

L'expert n'a eu d'autre choix que de reconnaître que la date du clavardage était inexacte. C'est que le programme utilisé pour faire les sauvegardes n'était pas accessible en 2010. Il a été mis en vente seulement en 2011.

C'est un argument de plus pour la Couronne, qui est allée jusqu'à dire que non seulement la date, mais aussi le contenu de ces conversations avait été inventé de toutes pièces.

Pas si vite, a répliqué l'avocate de M. Roussy, Me Valentina Corsetti. Ce n'est pas parce que les dates sont fausses que le contenu est caduc. Ce sera à la juge de trancher.

Des agressions sadomasochistes

La victime présumée avait 11 ans à sa première rencontre avec l'écrivain Maxime Roussy. C'était à l'occasion d'un salon du livre. Elle admirait le Saguenéen, qui est l'auteur d'une trentaine de livres jeunesse, dont la série Pakkal et Le blogue de Namasté.

Pendant les dix jours passés à la barre des témoins, la jeune femme a expliqué qu'avec les années, la relation avait changé. Les rendez-vous au motel se seraient multipliés.

L'accusé aurait initié la jeune fille au sadomasochisme. Il aurait aussi eu des conversations en ligne avec elle, où le sujet principal était le sexe. Elle les a sauvegardées et des centaines de pages ont été déposées en preuve.

Place aux plaidoiries

L'ensemble de la preuve a été présenté en cour. L'accusé n'a pas témoigné pour sa défense.

Les avocates devraient livrer leurs plaidoiries jeudi devant la juge Dominique Joly. Maxime Roussy est entre autres accusé d'agression sexuelle armée, de leurre sur Internet et de pornographie juvénile.

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