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Eau non potable : Grassy Narrows décrète l’état d’urgence

La Première Nation de Grassy Narrows, dans le nord-ouest de l'Ontario, distribue des bouteilles d'eau à ses résidents de porte en porte, après la détection de contaminants potentiellement cancérigènes à son usine de filtration, un problème que la réserve dit ne pas pouvoir corriger, faute d'argent.

La communauté a fait les manchettes dans le passé en raison de la contamination de son potable au mercure à la suite d'un déversement dans les années 1960.

Mais, dans ce cas-ci, ce n'est pas le mercure, mais des résidus de produits désinfectants qui sont en cause.

Toutefois, le ministère ontarien de l'Environnement avait averti la communauté autochtone de la situation dans une lettre datée du 10 juillet dernier.

L'état d'urgence décrété, un mois et demi plus tard, par la Première Nation survient en pleine campagne électorale fédérale, mais l'initiative « n'a rien à voir » avec les élections, assure son chef intérimaire, Randy Fobister. Ce dernier accuse, néanmoins, Ottawa de ne pas assumer ses responsabilités.

M. Fobister explique qu'en décrétant l'état d'urgence, le conseil de bande veut forcer Ottawa à payer pour l'eau embouteillée, acheminée de Winnipeg, jusqu'à ce que l'eau du robinet soit jugée propre à la consommation.

Un avis de faire bouillir l'eau était en vigueur à Grassy Narrows depuis plus d'un an. Mais les contaminants détectés lors de tests menés le printemps dernier par le ministère ontarien de l'Environnement pourraient ne pas être éliminés grâce à l'ébullition, clame la réserve, qui veut des assurances à ce sujet, avant de lever son état d'urgence.

Selon la lettre du ministère de l'Environnement, les résidus en question peuvent se former lors de la chloration de l'eau. La province ajoute cependant que des « réparations en cours » à l'époque à l'usine de filtration de la réserve devaient mener à une « réduction significative » du problème.

Le chef Fobister affirme toutefois qu'aucune réparation n'est en cours, faute des fonds nécessaires. « Des pièces de base sont manquantes ou brisées à l'usine de filtration », selon la communauté, qui ajoute qu'un problème similaire avait été décelé en 2001.

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