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Écrasement du vol MH17 de la Malaysia Airlines : la thèse du missile confirmée

L'avion de la Maylaisia Airlines qui s'est écrasé dans l'est de l'Ukraine le 17 juillet 2014 a été abattu en plein vol par un missile sol-air BUK qui a frappé le côté gauche de la cabine de pilotage, conclut le Bureau de la sécurité des transports des Pays-Bas.

Dans un rapport publié mardi, le bureau se garde bien d'affirmer qui a lancé ce missile développé et fabriqué en Russie, puisqu'il n'avait pas l'autorité pour le faire. Son directeur, Tjibba Joustra, a cependant montré les rebelles du doigt devant des journalistes.

« C'est une région où les frontières fluctuent beaucoup mais c'est un territoire où les rebelles pro-russes font la loi », a-t-il assuré dans les couloirs du parlement néerlandais, avant de s'adresser aux députés.

Le rapport du bureau n'hésite cependant pas à blâmer l'Ukraine pour avoir laissé son espace aérien ouvert, malgré le conflit en cours.

Il soutient que 61 compagnies aériennes, dont Malaysia Airlines, ont fait fi du danger et ont continué à survoler la région, malgré la guerre entre l'armée ukrainienne et les rebelles prorusses. Il argue que les règles qui gouvernent l'aviation internationale devraient être modifiées pour forcer les transporteurs à être plus transparents.

Le Bureau de la sécurité des transports, qui a reconstruit une partie du nez de l'appareil, du poste de pilotage et de la classe affaires à partir des débris récupérés sur place, conclut que l'explosion a tué les trois membres d'équipage qui se trouvaient dans le poste de pilotage et a décapité l'appareil.

Les passagers n'ont pas été tués par l'impact du missile, estime en outre le bureau : ils ont plutôt perdu connaissance en raison de la dépressurisation soudaine dans l'appareil et du manque d'oxygène, puisque l'avion volait à une altitude de 10 000 mètres.

Des proches des victimes qui ont assisté à une présentation privée se sont dits soulagés d'avoir appris que les passagers sont morts presque instantanément.

L'enquête criminelle toujours en cours

Le premier ministre néerlandais Mark Rutte a déclaré que le rapport du Bureau de la sécurité des transports sera un élément important de l'enquête criminelle qui est toujours en cours dans le dossier du vol MH17. Il a invité la Russie à « coopérer pleinement » à cette enquête. 

Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a déclaré qu'il ne faisait aucun doute à ses yeux que l'avion avait été détruit par des éléments des forces spéciales russes.

La Russie, qui a toujours nié avoir envoyé des soldats en Ukraine, comme le soutiennent Kiev et ses alliés occidentaux, conteste les conclusions du rapport. Un porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, soutient que l'approche des enquêteurs « été « clairement tendancieuse et partiale », et que leur travail visait à « faire des raccourcis et désigner un coupable ».

L'Ukraine et la Russie se renvoient la responsabilité dans cette affaire depuis le début.

À Washington, un porte-parole de la Maison-Blanche, Ned Price, a soutenu que le rapport était une étape importante dans les efforts visant à traduire devant la justice les responsables de la tragédie. « Notre évaluation demeure inchangée : le vol MH17 a été abattu par un missile sol-air lancé depuis le territoire contrôlé par les séparatistes dans l'est de l'Ukraine », a-t-il dit. 

Dans un communiqué publié mardi après-midi, le ministre canadien des Affaires étrangères, Rob Nicholson, a estimé pour sa part que le rapport néerlandais était « vraiment troublant ».

« Nous pensons toujours que le vol MH17 a été abattu par un missile sol-air tiré d'un territoire occupé par la Russie en Ukraine orientale », a-t-il souligné. « Nous sommes déterminés à traduire les responsables de cet acte horrible en justice. Les familles et les amis des 238 passagers et des 15 membres d'équipage qui ont perdu la vie ne méritent rien de moins. »

Le fabricant des missiles rejette les conclusions du rapport

Lors d'une conférence de presse tenue mardi, le fabricant des missiles BUK, Almaz-Anteï, a rejeté les conclusions du rapport d'enquête. Il assure que ces missiles ne sont plus utilisés par l'armée russe depuis 2011, mais que l'armée ukrainienne en compte toujours dans son arsenal.

« Le missile 9M38 n'est plus en service dans l'armée russe. Plus aucun modèle de ce type n'a été livré depuis 1986 et leur date limite d'utilisation est de 25 ans. Après cette date, son utilisation a été interdite », a affirmé la compagnie.

« Au temps de l'Union soviétique, l'Ukraine a reçu des missiles 9M38. Nous n'avons pas d'informations sur le nombre qui reste dans l'armée ukrainienne aujourd'hui », a-t-elle ajouté.

Le président de la compagnie, Ian Novikov, affirme qu'une « expérience en conditions réelles » a été effectuée par Almaz-Anteï, et que le résultat de celle-ci « dément complètement la version des Néerlandais à propos du type de missile utilisé et de l'endroit depuis lequel il a été tiré ».

Almaz-Anteï a présenté des vidéos de son expérience et des études mathématiques de trajectoire; l'entreprise conclut que le Boeing 777 de Malaysia Airlines a été abattu « par un missile BUK 9M38 depuis la zone du village de Zarochenské », que se disputaient l'armée ukrainienne et les rebelles prorusses.

Ces arguments sont balayés du revers de la main par Nick de Larringa, expert en questions de défense pour l'hebdomadaire spécalisé Jane's Defence. « La Russie affirme qu'elle n'opère plus » ce type de missile, a-t-il commenté. « Cette affirmation n'est pas soutenue par des preuves, car celles-ci montrent que ce type de missile était en service [...] au moment du crash. »

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