Edmonton est devenue mercredi la première ville canadienne à encadrer le service de transport Uber à la suite d'un vote divisé au conseil municipal.

Un texte de Nicolas Pelletier

Le règlement adopté par huit membres du conseil contre quatre entrera en vigueur le 1er mars.

Les enjeux de la discussion ont porté sur la volonté, d'un côté, de laisser les lois du marché réguler l'industrie des transports et de l'autre, d'encadrer les activités d'Uber afin d'éviter les abus. Il a notamment été question de faire évoluer l'industrie du taxi.

Réglementations

Les règles entourant le transport de particuliers seront appelées à changer à Edmonton, autant pour les taxis que pour le service Uber.

Afin de voir son service légalisé, Uber devra remplir certaines obligations, comme par exemple obtenir un permis d'exploitation de 70 000 $ chaque année auprès de la Ville d'Edmonton ainsi que des assurances pour ses conducteurs. Une taxe de 6 cents par course sera également payée par l'utilisateur.

Les prix des courses de taxis hélés dans la rue ou depuis les bornes devront être prédéfinis, ce qui éliminera le système de compteur pour ces types de courses.

En revanche, le fait d'être hélé par un passant continuera d'être le privilège des taxis enregistrés auprès de la Ville d'Edmonton.

Tout autre déplacement effectué à l'aide d'un service de transport - taxi ou Uber - aura un prix plancher de 3,25 $ et utilisera un système de compteur, que ce soit par une application mobile ou directement dans le véhicule.

Réactions

Le porte-parole d'Uber à Edmonton, Ramit Kar, a déclaré que les discussions avec les employés de la Ville avaient permis de trouver un accord.

« Nous sommes toujours contre l'idée d'imposer des frais minimum, mais nous sommes satisfaits en ce qui concerne l'annulation de l'obligation d'enregistrer individuellement tous nos chauffeurs, a-t-il déclaré. Au début, il y avait beaucoup de points litigieux, mais en discutant avec l'administration municipale, nous en sommes arrivés à un cadre qui nous convenait. »

Le conseiller municipal Michael Oshry s'est au contraire dit déçu qu'un prix plafond n'ait pas été imposé, citant les périodes où la demande plafonne comme lors des tempêtes de neige.

Le maire Don Iveson a tenu à statuer que « le conseil municipal pourra intervenir si les prix de l'industrie du transport étaient hors de contrôle ».

Un vote tenu dans le calme

Alors que la séance de mardi avait été interrompue par des manifestants opposés au projet, la délibération a repris dans le calme mercredi.

Le maire Don Iveson a d'ailleurs entamé la rencontre en avertissant l'auditoire qu'il détenait l'autorité pour expulser toute personne au comportement déplacé.

Le vote s'est tenu en fin d'après-midi dans une salle quasi vide, désertée symboliquement par les chauffeurs de taxi venus protester contre l'adoption du règlement.

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