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Éducation à la sexualité : les enseignants ont-ils tout ce qu’il faut?

Les affaires Weinstein, Salvail et Rozon ont fait resurgir l'importance de l'éducation à la sexualité dans les écoles du Québec. Maintenant que le ministre de l'Éducation entend rendre cette matière obligatoire à la rentrée en 2018, nous nous sommes rendus dans une école secondaire du Bas-Saint-Laurent où la présence d'une sexologue fait partie de la solution depuis huit ans.

Un texte de Mathieu Dioncorrespondant parlementaire à Québec

Comme à d'autres endroits au Québec il y a une dizaine d'années, le Bas-Saint-Laurent vivait une problématique en matière d'infections transmises sexuellement et de grossesses non désirées. En raison de l’abolition du programme de formation personnelle et sociale au début des années 2000, la santé publique a cru bon de favoriser des initiatives pour mieux enseigner la sexualité aux jeunes de la région, surtout avec l'arrivée des réseaux sociaux.

La commission scolaire de Kamouraska–Rivière-du-Loup a ainsi recruté une sexologue à raison d’une journée par semaine en 2009. Trois ans plus tard, Annick Kerschbaumer devenait présente à temps plein pour les élèves de la fin de l'école primaire jusqu’en cinquième secondaire, lors d’ateliers en classe de quelques minutes ou à son bureau.

« Ce n’est pas un tabou de venir voir la sexologue à l’école secondaire de Rivière-du-Loup. Depuis la 5e année du primaire que je suis avec eux, nous confie-t-elle avec fierté. On a vraiment tendance à penser que les cours d’éducation à la sexualité, c’est du savoir-faire, mais c’est du savoir-être. »

Annick Kerschbaumer travaille dans les 4 écoles secondaires et les 32 écoles primaires de la commission scolaire. Parmi elles, 7 font partie des quelque 200 écoles inscrites au projet pilote du ministère de l’Éducation. Une première étape pour le ministre Sébastien Proulx, qui espère rendre obligatoire l’éducation à la sexualité du primaire au secondaire dès septembre prochain.

D’ailleurs, selon les plus récentes données du ministère, près du tiers de ces écoles se situent dans le Bas-Saint-Laurent, signe que les initiatives lancées il y a plusieurs années commencent à donner des résultats.

Un soutien nécessaire pour les enseignants

La formation liée à la sexualité doit être donnée par les enseignants lors de séances informatives pendant le parcours scolaire. Cependant, tous à l’école secondaire de Rivière-du-Loup insistent sur l'importance d’un accompagnement spécialisé, que ce soit par une infirmière, un psychoéducateur, un organisme communautaire ou un sexologue.

« Ça permet d’enlever la pression chez les enseignants. Vous savez, au secondaire, c’est plus difficile de faire face à des groupes. Les modes de relations amoureuses ont changé aussi », indique la directrice de l’école, Sylvie Soucy.

« En tant qu'enseignant, on a le côté pédagogique de la chose, ajoute Hélène Maranda, enseignante d’éthique et de culture religieuse en 4e secondaire. C'est sûr que quand Mme Kerschbaumer vient, c'est la spécialiste du sujet. »

D’ailleurs, le bilan de la première année du projet pilote du ministère de l’Éducation (2015-2016) s’avère mitigé en raison, notamment, d’un malaise avec les contenus pédagogiques chez les enseignants.

Le ministère de l’Éducation donne certaines lignes directrices aux commissions scolaires, mais il leur revient de déterminer par qui et de quelle façon la formation sera donnée.

« Plus le ministre l’annoncera tôt [la formation obligatoire], plus on va être capable de trouver les modèles qui répondent le mieux aux enjeux des réalités locales », indique le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Alain Fortier.

Tous conviennent que le salut de l’éducation à la sexualité passe par les enseignants, mais les commissions scolaires doivent maintenant réunir les conditions gagnantes pour qu’ils y arrivent.

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