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Élection américaine : à la conquête des millénaires

Avec la campagne électorale qui bat son plein, les jeunes Américains sont courtisés de toutes parts. Pour qui vont-ils voter? Quelles valeurs portent-ils? À quoi rêvent-ils? Nous sommes allés en rencontrer.

Un texte de Danny Braün à Désautels le dimanche

Ils sont bien nombreux à tenter de saisir qui sont les millénaires, ces jeunes de moins de 35 ans, membres des générations Y ou Z. Bien des choses ont été dites : ils sont ouverts sur le monde, branchés technologie, tolérants, différents, idéalistes, mais aussi égoïstes, cyniques et peu patriotiques.

Des clichés? Un point confond les analystes et tous ceux qui tentent de les mettre dans une boîte : cette génération résiste aux étiquettes. Il y a autant de différences entre ces jeunes qu'il y a d'origines, de cultures et de classes sociales.

S'il y a une constante, c'est que la plupart des pays occidentaux ont vu ces dernières années leur courbe démographique grimper en faveur de la génération du millénaire, alors qu'elle descend inexorablement chez les baby-boomers. En 2016, aux États-Unis, pour la première fois de l'histoire le nombre des moins de 35 ans vient de dépasser les baby-boomers.

JOELLA ET LE CHANT DES SIRÈNES DÉMOCRATE

Pendant les primaires américaines, on a vu une partie de ces jeunes derrière le candidat démocrate défait Bernie Sanders. Étrangement, ces jeunes que les sondeurs et les médias n'arrivent pas à saisir ont été inspirés par un vieux sénateur du Vermont.

Malgré tout, Joella Jones, 28 ans, qui habite Manhattan, avait de la difficulté à croire au chant des sirènes et surtout aux promesses de gratuité scolaire. Elle-même se retrouve avec une dette de 200 000 $ après des études à l'Université Colombia, à New York.

Pourtant, Joella partage les valeurs de justice sociale des démocrates. Son rêve? Des règles plus sévères pour protéger l'environnement... et avoir une grande famille.

NICOLE ET SON VENT DE FRAÎCHEUR NOMMÉ SANDERS

Dans une banlieue de New York, Nicole Pepin a vécu sa vingtaine en élevant seule sa fille. Cette mère de famille monoparentale n'est pas un cas isolé dans le quartier Glendale de Queens, où réside la communauté « newyoricaine », ces Américains d'origine portoricaine.

Beaucoup de familles vivent tout près du seuil de pauvreté, surtout dans une ville comme New York, où le coût de la vie est excessivement élevé. Nicole était derrière le sénateur du Vermont.

Nicole, qui a 35 ans, rêve d'acheter sa première maison et de vivre avec son conjoint, Luis, un chauffeur de taxi, père de trois enfants.

TIMOTHY À LA DÉFENSE DE TRUMP

Au pied de la tour Trump à Manhattan, siège de l'empire de l'homme d'affaires milliardaire devenu politicien, des manifestants crient leur opposition au candidat républicain. Un petit groupe anachronique venu s'opposer aux manifestants est pris à partie par la foule.

« Vous avez vu, on nous a craché dessus », dit Timothy Rosen, 32 ans. Le message provocateur de son groupe est sans équivoque : « Nous devons construire un mur avec le Mexique afin de stopper les illégaux et les terroristes. Il y a sur notre territoire le groupe armé État islamique ou des terroristes qui veulent s'infiltrer, et Dieu sait quoi d'autre ».

La provocation aurait tourné à l'affrontement, n'eût été les barrières de sécurité et les policiers qui ont invité Timothy et son groupe à s'éloigner de la foule.

La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale

LAURA, RÉPUBLICAINE, MAIS PAS À N'IMPORTE QUEL PRIX

C'est surtout dans le sud des États-Unis que le conservatisme a des racines bien implantées.

À Richmond, en Virginie, Laura Hutson, 28 ans, a grandi au sein d'une famille très conservatrice, entre l'église, le collège et l'université, où elle a fait des études en sciences politiques.

Elle fait la tournée des collèges et des universités afin de sensibiliser les jeunes de sa génération à la trop grande taille de l'État et à la trop grande place du gouvernement dans leur vie, un des dogmes de la droite américaine.

L'organisme Turning Point USA s'active à recruter les jeunes leaders de demain, ceux issus de la génération du millénaire. Mais en période électorale, les politiciens tentent tout pour aller chercher le vote des jeunes.

« Les gens sont frustrés et en colère, ils regardent les informations, mais ils devraient s'informer un peu mieux et ne pas écouter n'importe qui », dit Laura, une pointe lancée à Donald Trump. Laura est républicaine, mais pas à n'importe quel prix.

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