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Élections en Ontario : le plan de match des chefs

Après des semaines de campagne officieuse en Ontario, c'est enfin le vrai départ. La suite sera faite de 28 jours de rassemblements partisans, de promesses, d'attaques entre les chefs et de slogans. Chacun des chefs entame cette campagne électorale avec des forces et des faiblesses évidentes qui pourront jouer en leur faveur ou en leur défaveur.

Un texte de Philippe Leblanc

Voici ce qui attend chacun des chefs des trois principaux partis en Ontario, en ordre du nombre de sièges qu'ils détenaient à la dissolution de la Chambre.

Kathleen Wynne, chef du Parti libéral de l'Ontario

Son défi :Défendre son bilan

Son atout :Son expérience

Une variable importante :La personnalité de Doug Ford

La politologue de l'Université d'Ottawa Geneviève Tellier croit qu'il sera difficile pour Kathleen Wynne de défendre les 15 ans au pouvoir des libéraux, les prix élevés de l'électricité, le déficit provincial le plus important du pays et les six autres années de déficits prévus pour financer des programmes sociaux.

« Convaincre les Ontariens que la situation est meilleure que si leur programme n'avait pas été mis en place, c'est très difficile à démontrer, explique-t-elle. C'est difficile de dire aux Ontariens : faites-nous confiance, ça commence à donner des résultats et ça va continuer dans l'avenir. »

Doug Ford, chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario

Son défi :Convaincre qu'il a l'étoffe d'un premier ministre

Son atout :Le désir de changement de la population

Une variable importante :Ses propositions controversées

La politologue Geneviève Tellier affirme que Doug Ford devra trouver un ton et une voix rassurants. Son passé de conseiller municipal aux positions tranchées aux côtés de son frère Rob peut effrayer certains électeurs.

« Le principal objectif du parti conservateur est d'aller chercher des indécis, et est-ce que ces indécis-là vont se sentir rassurés par la vision que Doug Ford a à proposer? demande-t-elle. Il doit se présenter en leader qui connaît bien ses dossiers et qui est posé ».

Andrea Horwath, chef du Nouveau Parti démocratique de l'Ontario

Son défi :Concilier programmes sociaux et développement économique

Son atout :Incarne le changement et l'expérience

Une variable importante :Sa cote de popularité personnelle

Pour la politologue Geneviève Tellier, le défi pour Andrea Horwath sera de convaincre les Ontariens que son programme électoral, qui prévoit d'importantes dépenses dans les hôpitaux, pour l'assurance médicament et les soins dentaires, est nécessaire dans la province la plus endettée.

« Je pense que, pour plusieurs, ce n'est pas clair que dépenser plus va nécessairement améliorer le sort de l'ensemble de la province, explique-t-elle. Andrea Horwath a présenté un programme qui met beaucoup l'accent sur les programmes sociaux et moins sur le développement économique. Elle devra démontrer que c'est compatible l'un avec l'autre. »

Le plan de match est établi pour chacun des chefs. Les Ontariens jugeront le 7 juin prochain qui aura le mieux relevé ses défis.

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