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Élections partielles au Québec : le statu quo

La tenue d'élections complémentaires dans quatre circonscriptions, lundi, n'a apporté aucun changement au paysage politique québécois.

Les péquistes Catherine Fournier et Marc Bourcier ont remporté les élections complémentaires dans Marie-Victorin et Saint-Jérôme, respectivement. Le caquiste Éric Lefebvre a fait de même dans Arthabaska. Et dans Verdun, c'est la libérale Isabelle Melançon qui l'a emporté.

La circonscription de Marie-Victorin a été la première des quatre à proclamer l'élection d'une nouvelle députée, la péquiste Catherine Fournier, avec plus de 52 % des voix.

À 24 ans, elle devient la plus jeune femme à être élue députée de toute l'histoire du Québec.

Les citoyens de Marie-Victorin [...] ont envoyé un message clair au gouvernement libéral, qui est le gouvernement le plus toxique de notre histoire récente. Leur programme d'austérité, ça ne passe pas.

Catherine Fournier, en revendiquant la victoire dans Marie-Victorin pour le PQ

Son chef Jean-François Lisée a aussi pu célébrer la victoire dans Saint-Jérôme de Marc Bourcier, élu avec plus de 46 % des suffrages. M. Lisée a estimé que les électeurs avaient décidé d'envoyer un signal au gouvernement libéral de Philippe Couillard, à Québec.

C'est le signal d'un changement. C'est le signal d'une énergie nouvelle. C'est le signal qu'on en a assez d'un gouvernement qui va de scandale en scandale. On en a assez d'un gouvernement qui tourne le dos aux élèves, aux étudiants, aux aînés. On veut une nouvelle dynamique.

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

Une lecture tout autre

Le premier ministre Philippe Couillard n'a manifestement pas interprété ce signal de la même façon.

En soulignant la victoire d'Isabelle Melançon, avec près de 36 % des voix, il a indiqué que son gouvernement compte poursuivre son travail, se félicitant de tout ce qui a été fait en vue de la relance du Québec. « Il est accompli ce redressement », a-t-il déclaré.

Les résultats sont là parce qu'on a maintenu le cap et on va garder le cap. On s'est donné les moyens de nos ambitions, les moyens de mieux soigner, de mieux former, de mieux développer notre économie.

Philippe Couillard, premier ministre libéral

Les libéraux sortent tout de même affaiblis de l'exercice dans Verdun, qu'on qualifiait pourtant de forteresse, avec une majorité qui a fondu comme neige au soleil. Elle est passée de près de 9000 voix en 2014 à environ 1000.

De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a salué les talents d'organisateur de son nouveau député Éric Lefebvre, élu dans Arthabaska avec près de 44 % des votes et une confortable majorité de plus de 3000 voix. Celui-ci a bénéficié de l'aide de centaines de bénévoles.

J'ai fait des appels, cet après-midi, et à peu près une personne sur trois me disait : "C'est sûr que je vais aller voter, je suis dans l'équipe d'Éric Lefebvre!"

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

M. Lefebvre a devancé le candidat libéral Luc Dastous, qui subissait la défaite pour la deuxième fois dans cette circonscription.

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L'Assemblée nationale comptera maintenant 70 députés libéraux, 30 péquistes et 21 caquistes, trois solidaires et un indépendant.

La CAQ n'a donc pas pu reconquérir la circonscription de Saint-Jérôme qu'elle avait perdue aux dernières élections aux mains de l'ex-chef péquiste Pierre Karl Péladeau, qui a depuis démissionné. La CAQ a toutefois réussi à prendre à nouveau le comté d'Arthabaska que représentait la regrettée députée Sylvie Roy, élue sous la bannière caquiste, mais plus tard devenue indépendante.

Le Parti québécois (PQ), dont le chef Jean-François Lisée subissait son premier test électoral, maintient dans son giron la circonscription de Marie-Victorin, qui était représentée par Bernard Drainville, alors que le Parti libéral (PLQ) a regagné Verdun, laissée vacante à la suite de la démission du ministre Jacques Daoust.

Une participation modeste des électeurs

Traditionnellement, le taux de participation des scrutins complémentaires est plus faible que celui enregistré lors des élections générales. Et plusieurs craignaient lundi que la neige et l'état des routes aient découragé certains électeurs d'aller se prononcer.

Un taux de participation trop faible peut donner une impression faussée, les résultats étant alors davantage le reflet de la puissance des machines électorales en présence que celui des tendances plus profondes au sein de l’électorat.

Au total, 38 candidats étaient en lice. Les femmes représentaient le tiers des candidatures dans les quatre circonscriptions. Les 18 à 29 ans étaient également bien représentés puisque 35,1 % des candidats provenaient de cette tranche d'âge.

Ces élections complémentaires devraient coûter aux contribuables environ 2 millions de dollars.

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