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Élèves en difficulté : des méthodes qui fonctionnent

Alors que le gouvernement du Québec est en pleine consultation sur la réussite éducative, des méthodes d'enseignement mises en place dans plusieurs écoles du Québec sont concluantes et augmentent de façon importante la réussite des enfants en difficulté.

Un texte de Nicolas Vigneault

Le modèle RAI (Réponse à l'intervention) est utilisé depuis quatre ans à l'École primaire la Fourmilière de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries, à Québec. L'établissement situé en milieu défavorisé compte presque 200 élèves issus de l'immigration, qui proviennent de 42 pays différents. En tout, l'école a plus de 90 plans d'intervention, ce qui veut dire que presque 25 % de la clientèle est considérée comme étant en difficulté.

L'implantation de la méthode donne des résultats concrets, puisque, entre les années scolaires 2014-2015 et 2015-2016, le nombre d'élèves dont les notes dépassent 76 % a grimpé de 10 % en mathématiques, et de 6 % en français.

« Quand nos élèves ont entre 60 et 76 %, on dit qu'ils sont dans une zone à risque, donc le défi pour les enseignants, c'est de les amener au-delà de 76 % pour que leur réussite soit plus assurée, pour que leurs acquis soient plus solides », précise la directrice adjointe de l'école, Marie-Christine Gagnon.

Le RAI comprend des interventions à trois niveaux. Le modèle tient pour acquis que :

  • 80 % des élèves comprennent les consignes générales;
  • 15 % des élèves auront besoin d'une intervention en sous-groupe;
  • 5 % nécessiteront une intervention spécialisée.

Autonomie et concentration

Dans ce contexte, les enseignants ont délaissé les cours magistraux traditionnels et confient plutôt des tâches aux élèves pour les rendre plus autonomes.

« Quand la majorité est autonome et se consacre à des tâches, je suis capable de me concentrer sur mon groupe de niveau 2, sur les 15 % qui ont besoin de réinvestir un petit peu plus, de retravailler ce qu'on a travaillé en grands groupes », expose Marie-Claude Lapointe, enseignante de 2e année à l'École la Fourmilière.

L'école secondaire l'Académie Sainte-Marie, également de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries, utilise aussi la méthode.

En plus de recourir au modèle RAI, Émilie Thibault, qui enseigne le français en 2e année secondaire, a choisi de scinder son enseignement en quatre modules de 15 minutes chacun.

« Là, ce que je fais, je donne une courte tâche et je peux dire à l'élève : ''Tu devrais faire ça comme ça.'' Alors la rétroaction, elle n'a pas lieu 8 heures, 10 heures, 3 jours, 4 jours, 3 semaines, après qu'il a fait le travail. Elle a lieu dans la minute qui suit », raconte avec passion celle qui enseigne aux enfants en difficulté depuis 13 ans.

Cette façon de faire amène également les enfants à rester concentrés plus facilement, constate l'enseignante. « Qu'est-ce qui est plus profitable : un enfant qui t'écoute 8 minutes sur 75 ou un enfant qui t'écoute 4 fois 10 minutes? » conclut Mme Thibault.

Abraham Beya, l'un des élèves qui peuvent bénéficier du modèle RAI, avait beaucoup de difficulté à performer en classe avant l'implantation du modèle dans son école. « L'année passée, j'ai passé, mais pas avec de très bonnes notes. Mais cette année, ça va très, très bien. Disons que l'année passée, j'ai passé avec des 70 %, cette année c'est avec des 85 % et plus », lance fièrement le jeune Abraham.

Pour Égide Royer, spécialiste en éducation, ce type d'approche devrait inspirer le gouvernement dans sa prochaine politique sur la réussite éducative.

Plusieurs commissions scolaires de la province, dont celle des Découvreurs, dans la grande région de Québec, utilisent également cette méthode. Cette dernière souhaite implanter le modèle dans l'ensemble de ses écoles.

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