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Kanata : Kim O'Bomsawin satisfaite de la réponse de Robert Lepage

La réalisatrice abénakise Kim O'Bomsawin, cosignataire de la lettre ouverte publiée dans le quotidien Le Devoir, se réjouit de l'ouverture qu'a montrée Robert Lepage en proposant une rencontre avec les signataires.

Kim O'Bomsawin croit que la requête de ses cosignataires a été entendue et qu'une rencontre avec Robert Lepage est un pas dans la bonne direction.

« Robert Lepage et Ariane Mnouchkine ont pris connaissance de notre lettre. Peut-être ont-ils appris de leurs erreurs, peut-être qu'ils n'ont pas envie d'avoir un deuxième spectacle annulé. Ils se sont peut-être dit qu'ils devraient écouter », a-t-elle affirmé, lors d'une entrevue accordée à Radio-Canada.

Selon la réalisatrice, les signataires s'attendent à plus de réponses lors de cette rencontre.

« Je m'attends à ce qu'on réponde à nos questions. Ça serait toutefois étonnant qu'il y ait soudainement un revirement de situation, à six mois du spectacle, et qu'on se mette à avoir des comédiens autochtones. C'est sûr que ça serait le souhait ultime. »

La réalisatrice soutient cependant que le but de la lettre ouverte n'était pas de critiquer Kanata.

« Ce n'est pas qu'on ne veut pas que Kanata existe, au contraire », dit-elle.

« Nous ne sommes pas à l'étape de critiquer quoi que ce soit, on se questionne et on ne veut pas arriver à SLĀV. On veut ouvrir le dialogue. »

Des Autochtones auraient été consultés pour la création de Kanata, ce qui n'est pas suffisant pour Kim O'Bomsawin.

« On veut comprendre le processus artistique derrière la démarche. Ce qu'on souhaite c'est un processus beaucoup plus inclusif que seulement une consultation . »

« On nous a raconté pendant des siècles. Parfois, certaines personnes l'ont bien fait, peut-être que M. Lepage va très bien le faire aussi, je suis certaine que ça part de bonnes intentions. »

« Lorsqu'on veut parler de sujets aussi graves que les pensionnats autochtones ou les femmes assassinées ou disparues, on peut seulement se réjouir de voir que ces enjeux-là attirent l'attention de quelqu'un d'aussi talentueux que M. Lepage », croit-elle.

La réconciliation grâce aux arts

Selon elle, des Autochtones ont la capacité et le talent d'être sur scène « Pourquoi on n'en voit pas? », se demande-t-elle.

« Quand M. Lepage fait quelque chose, on le regarde. Ça pourrait donner l'opportunité à plein de gens talentueux de faire partie d'une oeuvre d'envergure internationale et de se faire connaitre. »

Kim O'Bomsawin constate toutefois que des progrès ont été faits et que le dialogue semble entamé dans le milieu artistique.

« En tant que documentariste, je remarque que les opportunités qu'on me donne sont bien plus grandes qu'il y a 10 ans et que les projets que je réalise attirent beaucoup plus l'attention. Ça, en partant, c'est assez extraordinaire. »

« On sent qu'il y a une ouverture de la part du public, les gens veulent nous entendre, ils sont curieux. C'est alors d'autant plus étrange qu'on ne soit pas plus impliqué. »

D'après une entrevue de Paloma Martinez, journaliste à Radio Canada International

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