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La chute de l’empire américain en laisse certains sur leur faim

CRITIQUE – Tout le monde en parle : Denys Arcand fait son retour au cinéma, avec La chute de l'empire américain, sorti jeudi soir au Québec. Malgré certains bons côtés, le long métrage du cinéaste souffre de défauts importants, selon les critiques Helen Faradji et Georges Privet.

On a retrouvé une partie du Denys Arcand qu’on aime, mais seulement une partie et cela ne suffit pas à faire de La chute de l’empire américain un bon film. Voilà, en résumé, la pensée des deux cinéphiles intervenus à Médium large, vendredi.

Certes, avec ce nouveau film, le Québécois laisse derrière lui les ratés de L’âge des ténèbres, « réactionnaire, avec un cynisme qui tournait à l’amertume » (Faradji) et du Règne de la beauté, « une catastrophe » (Privet).

Les deux critiques parlent du plaisir de l’on prend à regarder ce polar où un docteur en philosophie reconverti en livreur (Alexandre Landry) trouve par hasard des sacs remplis d’argent laissés là après un vol à main armée. En s’emparant du magot, il plonge dans un nouveau monde, où il fait notamment la connaissance d’une escorte (Maripier Morin) et d’un spécialiste de l’argent bien mal acquis (Rémy Girard).

Helen Faradji perçoit dans ce film une « morale assez inédite » chez Arcand, « cette idée qu’il y a encore de la bonté chez l’homme [et] elle est chez les marginaux, les escortes et les repris de justice ».

La chute de l'empire américain en serait même presque émouvant, dit Georges Privet : Arcand, l’observateur des mœurs politiques et sociales québécoises semble faire un « déni de la réalité assez touchant », avec certains événements qu’on peut difficilement voir comme réalistes. En d'autres termes, le cinéaste oscarisé dit « faisons un rêve, c’est peut-être tout ce qui nous reste ».

Derrière cela, pointe néanmoins un thème récurrent chez le Québécois, qui sent bon le populisme selon Helen Faradji : « Le système est toujours pourri, que ce soit la police qui manque de moyens, le système judiciaire qui est trop flou ou trop féministe, les politiques qui sont corrompus, les banques qui sont des gros méchants ».

Toutefois, le vrai problème se trouve ailleurs, selon la critique.

Georges Privet regrette lui aussi un scénario qui n’est pas à la hauteur. « C'est un Arcand mineur, intéressant […], mais ce n'est pas tout à fait le retour spectaculaire en forme annoncé », indique-t-il.

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