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La Vérif : avec le premier budget Plante, c’est l’histoire qui se répète

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, avait promis de faire de la politique autrement. Avec son premier budget, est-ce vraiment le cas?

Un texte de Vincent Maisonneuve

Lors de son point de presse du 10 janvier, Valérie Plante mentionne avoir rempli sa promesse en n’augmentant pas les taxes au-delà de l’inflation. « Pour l’engagement sur la taxe foncière, je le rappelle, ça a été respecté! »

Au moment de déposer son premier budget, le 29 janvier 2014, Denis Coderre a dit exactement la même chose. « On s’en est tenu à 1,9 %. Donc, on a rempli notre promesse. »

Mme Plante a utilisé la même approche que son prédécesseur. Éviter de spécifier qu’avec, entre autres, la taxe d’arrondissement, le fardeau fiscal des Montréalais augmentait en réalité plus vite que l’inflation.

  • 2,8 % dans le premier budget Coderre (en janvier 2014, l’inflation était de 1,5 %, selon la Banque du Canada.)
  • 3,3 % pour le budget Plante (en novembre 2017, l’inflation était de 2,1 %, selon la Banque du Canada.)

Spécifions que Mme Plante a admis que son premier budget était un budget « de transition qui ressemble énormément au budget de transition qui avait été mis en place en 2013 ».

Dans les heures qui ont suivi la présentation du dernier budget de la Ville, l’administration Plante-Dorais a cherché à minimiser l’impact de la hausse de taxes des Montréalais. Lors d’un échange avec le chef de l’opposition Benoit Dorais, le président du comité exécutif a dit : « Comment est-ce que 118 $, ça allait faire mal aux Montréalais? »

L’administration Tremblay-Applebaum avait fait exactement la même chose en 2011. Michael Applebaum, alors président du comité exécutif, avait dit qu’une hausse de 100 $ par année en moyenne était « plus que raisonnable ».

En amorçant son deuxième mandat en 2005, Gérald Tremblay avait manqué à sa promesse électorale de geler les taxes des Montréalais. Devant la grogne populaire, Gérald Tremblay avait, lui, fait machine arrière. L’ancien maire de Montréal disait le 12 décembre 2005 : « J'ai ébranlé, sans le vouloir, le lien de confiance que j'avais établi avec la population et je m'en excuse, et je le regrette. »

M. Tremblay avait finalement déposé un deuxième budget quelques jours plus tard, dans lequel il avait gelé les taxes comme promis.

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