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Les affamés et Robin Aubert triomphent au Gala Québec Cinéma

Les zombies de Robin Aubert sont sortis grands gagnants du Gala Québec Cinéma dimanche soir. Les affamés a été sacré meilleur film, tandis que le cinéaste a reçu le prix Iris de la meilleure réalisation.

La productrice du film Stéphanie Morissette a remporté un pari tout sauf gagner à l'avance : faire triompher le film de genre au Québec. Au total, Les affamés remportent huit prix Iris.

S'il n'est guère montré disert au moment de recevoir son prix, Robin Aubert rendu hommage à deux de ses maîtres présents dans la salle, André Forcier et Robert Morin (nommé dans la même catégorie pour Le problème d'infiltration), célébrant leur talent... malgré leur caractère difficile.

Maude Guérin crée la surprise

Du côté des interprètes, Maude Guérin a créé une certaine surprise en décrochant l’Iris de la meilleure interprétation féminine (Première rôle) pour son rôle de mère courage dans Chien de garde. La comédienne semblait la première étonnée, elle qui voyait dans ce personnage un « merveilleux rôle de soutien ».

La victoire de Christian Bégin pour l'Iris du meilleur acteur dans un premier rôle était en revanche plus attendue. Son interprétation d’un chirurgien esthétique qui voit sa vie basculer en une journée a marqué les critiques au moment de la sortie de Problème d'infiltration.

Théodore Pellerin rend hommage à Sophie Dupuis

Le premier prix Iris de la soirée a été remis sans surprise à Théodore Pellerin. L'acteur a été sacré révélation de l'année pour son interprétation d'un adolescent violent et torturé dansChien de garde. « Ça a été un bonheur de tourner avec toi », a déclaré le gagnant en s'adressant vers la réalisatrice.

Vainqueur de quatre prix Iris au Gala Artisans mercredi, Hochelaga, terre des âmes, hommage aux Premières Nations qui vivaient sur les terres de ce qui allait devenir Montréal, a obtenu une récompense supplémentaire grâce à Emmanuel Schwartz dans la catégorie de la meilleure interprétation masculine (Rôle de soutien). Lisant son discours à partir d'un téléphone intelligent, l'acteur a notamment rendu hommage au producteur Roger Frappier et au réalisateur François Girard pour avoir fait « un film qui rappelle qui nous sommes en tant que Montréalais : des invités qui se pensent chez eux ».

Le prix équivalent du côté des actrices est allé à Brigitte Poupart pour Les affamés. Émue au moment de prononcer son discours, celle qui est devenue une spécialiste du combat contre les zombies a associé à son trophée « sa mère spirituelle », Micheline Lanctôt, également en lice pour cet Iris, là encore pour le film de Robin Aubert.

Brigitte Poupart n'a pas oublié de saluer le cinéaste, mettant notamment de l'avant leur collaboration : « Robin dit toujours qu’on est des âmes soeurs. On a une connexion très très très spéciale », a-t-elle expliqué en coulisses.

La double victoire de Nicole Bélanger

Récipiendaire de l’Iris du meilleur scénario pour Les rois mongols, Nicole Bélanger a sans doute offert l’un des moments les plus émouvants de la soirée. Rappelant que ce prix récompensait près de 20 ans de travail, elle a également raconté que le « oui » de Luc Picard pour tourner le film était arrivé en même temps qu’elle recevait un diagnostic de cancer. Nicole Bélanger a ainsi combattu (avec succès) la maladie tout en menant à bien le projet d'une vie.

Récit d'une prise d'otages surprenante (des enfants enlèvent une grand-mère) au moment des événements d'octobre 1970, Les rois mongols a été remarqué tant au Québec qu'à l'international, récoltant un prix à la prestigieuse Berlinale.

La résurrection d'Hassan toujours au sommet

Déjà récompensé aux RIDM ou aux Hot Docs, La résurrection d’Hassan a continué sa récolte de prix en décrochant l’Iris du meilleur documentaire. Carlo Guillermo Proto s’est penché sur l’histoire hors du commun de Denis Harting, Peggy Roux (connus pour artistes de rue à Montréal) et leur fille, Lauviah Harting. La famille non voyante cherche à ramener à la vie Hassan, enfant mort par noyade en 2002, suivant les indications d’un guérisseur russe.

Prenant la parole, Denis Harting a dédié ce prix à son fils disparu : « Je ne sais pas ce que tu fais, je ne sais pas où t'es, mais c'est pour toi! »

Lui aussi très en vue dans plusieurs festivals, Toutes les poupées ne pleurent pas de Frédérick Tremblay, récit poétique et sans dialogue d’une création artistique, a reçu le prix Iris du meilleur court métrage (Animation) au Gala Québec Cinéma. Histoire d'une relation amicale devenue amoureuse entre une femme trans et un homme gai, Pre-Drink, réalisé par Marc-Antoine Lemire, a pour sa part gagné dans la catégorie du meilleur court métrage (Fiction).

André Forcier reste hors norme

Alors qu’un hommage lui était rendu pour l’ensemble de sa carrière, André Forcier a rappelé qu’il était une personnalité à part dans le milieu du cinéma québécois. Après avoir vu monter sur scène quelques-uns de ses acteurs fétiches (dont France Castel et Roy Dupuis) et après avoir reçu une ovation debout, le cinéaste a enchaîné avec un discours énoncé sur un ton monocorde.

À la suite de quelques souvenirs sur ses débuts, André Forcier a distillé « deux humbles conseils : il faut être plus intelligent que le problème; Les idées passent par l’émotion, pas l’inverse ». Il a terminé en célébrant quelques-uns des autres réalisateurs québécois, dont Xavier Dolan, Robert Morin et Denys Arcand, « notre plus grand ».

Cochrane et Tremblay, toujours aussi efficaces

Comme l’an dernier, par le pétillant duo formé par Édith Cochrane et Guylaine Tremblay était chargé d’assurer la soirée.

Une nouvelle fois très en forme, les deux actrices ont lancé la soirée avec une séquence enregistrée où, en utilisant des scènes de certains des films en nomination, elles partaient à la recherche d’un animateur pour la soirée. Le temps de se faire braquer, de draguer Patrick Huard ou d’opérations de chirurgie esthétique ratées, elles ont finalement accepté d’assurer elles-mêmes la présentation.

Une fois sur scène, en plus de célébrer la diversité des films, Guylaine Tremblay est revenue sur le scandale Weinstein, félicitant le cinéma québécois d’être resté relativement peu touché par ce genre … ou presque: « Nous, on a l’habitude de dénoncer les abuseurs une fois qu’ils sont morts », a lancé l’actrice, faisant référence à l’affaire Claude Jutra, en 2016. La cérémonie, autrefois appelée la Soirée des Jutra, a été rebaptisée dans la foulée de la controverse entourant le cinéaste .

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