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« En compagnie de héros » : le travail des pompiers à Fort McMurray

« Je ne me considère pas comme un héros, mais avec cette expérience, j'en ai rencontré plus que ce que je croyais possible », confie le capitaine Adam Bugden, qui oeuvre depuis 9 ans dans le service incendie de Fort McMurray.

Un texte de Ralph-Bonet Sanon

Les larmes aux yeux, le capitaine Bugden a raconté à CBC qu'il travaille sans relâche depuis mardi, alors qu'un immense feu de forêt, baptisé « la bête », gruge le nord de l'Alberta.

« Nous fermons les yeux et nous voyons le feu, témoigne le pompier. Je n'ai jamais rien vu de tel et je ne veux plus jamais revoir ça. »

Le capitaine évoque une lourde fatigue dans ses rangs. Il se souvient d'avoir dormi seulement huit heures en trois jours à un moment. Un collègue, dit-il, a travaillé 40 heures d'affilée. Ce n'est que samedi qu'ils ont commencé à se reposer et à manger régulièrement.

Les pieds et les mains mal en point, les pompiers conservent tout de même la camaraderie, parlent de ce qu'ils ressentent et se permettent même un peu d'humour noir, ajoute l'Albertain.

Adam Bugden est ému par les premiers répondants venus d'ailleurs en Alberta et au pays, « qui ont quitté leur maison et leur famille pour venir dans le coeur de cette bête », afin de protéger sa maison. « Ce sont des héros à mes yeux, dit-il. De plus, tout le monde avec qui je travaille me soutient et je les soutiens en retour.

Petites victoires

Plusieurs provinces ont dépêché des pompiers spécialisés en Alberta. Le Québec en a envoyé 44, qui pourront servir de relève à leurs collègues albertains, dont ils peuvent imaginer le quotidien, selon Robert Lemay, porte-parole de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU).

« Au fur et à mesure qu'on va avoir de petites victoires, c'est peut-être ça qui va encourager les troupes à continuer, mais c'est certain que chaleur, fumée et charge de travail sont des choses avec lesquelles les gens vivront pendant quelques semaines », dit M. Lemay.

Sans s'avancer sur la stratégie exacte qui sera ébauchée, le porte-parole indique que les missions d'entraide de la SOPFEU dans l'Ouest canadien impliquent souvent beaucoup de travail manuel, comme le creusage de tranchées. Les avions-citernes aideront certainement dans des secteurs particuliers, mais moins dans d'autres, avance M. Lemay.

« On va se concentrer sur les endroits où on peut avoir des gains positifs, histoire de ne pas  brûler nos effectifs avec des actions qui ne rapporteraient rien », explique-t-il.

Feu de forêt à Fort McMurray

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