Le gouvernement du Québec a annoncé cette semaine que les entreprises établies dans la province devront s'assurer d'avoir des mots en français pour accompagner leur marque de commerce anglaise. Alors que la loi 101 fêtera ses 40 ans l'an prochain, devrait-on en faire plus pour protéger et promouvoir la langue française?

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

En 1977 était adoptée la loi 101 qui impose, entre autres, l'usage exclusif du français dans l'affichage public et dans la publicité commerciale. Près de 40 ans plus tard, en cette ère de mondialisation et d'Internet, où l'anglais domine, quatre personnalités artistiques et politiques nous partagent leurs réflexions sur ce qu'il faut faire pour mettre la langue française davantage à l'avant-scène.

L'inquiétude de Boucar Diouf

L'animateur et humoriste Boucar Diouf n'a pas la langue dans sa poche lorsqu'on lui demande de parler de l'avenir du français. « Mon grand-père disait qu'une langue, c'est comme une amoureuse, il faut s'en occuper affectueusement sinon elle pourrait filer à l'anglais et frencher une langue étrangère. » Selon lui, il faut renforcer l'application du cadre législatif.

Parlons culture et Internet

La tentation est grande pour plusieurs jeunes de communiquer en anglais sur Internet. La femme de théâtre Lorraine Pintal pense qu'il faut dans un premier temps intéresser davantage les enfants à la culture francophone et tracer la voie à une offre numérique en français.

Les défis de l'immigration

La francisation est un autre défi de taille. « Quand on offre des cours de français par exemple, il faut que ces cours soient accessibles et tiennent compte de la réalité », affirme l'ancienne ministre de l'Immigration Yolande James. « Concrètement, souvent les nouveaux arrivants doivent choisir entre un emploi et un cours. »

Travailler en français

Le cadre juridique imposé actuellement aux entreprises satisfait Isabelle Hudon, chef de la direction de la Financière Sun Life Québec. Mais, selon elle, « si les entreprises ne déploient pas les efforts requis, la clientèle va bouger. Le premier et seul argument à servir aux entrepreneurs, c'est que les clients s'attendent à être servis en français ».

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