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En Iran, l'industrie aérienne veut reprendre son envol

L'industrie de l'aviation iranienne voit grand avec la levée récente des sanctions économiques. Il pourrait s'agir d'une occasion d'affaires pour Bombardier, mais cela nécessitera d'abord un peu de diplomatie.

  D'après un reportage de Marie-Eve Bédard

« Pour nous, les sanctions ont été un test quotidien. Maintenant, tout le monde peut faire confiance à l'aviation, parce qu'après 36 ans de sanctions, nous sommes toujours en vie. L'an passé, nous avons transporté 5,7 millions de passagers seulement sur Mahan Air », affirme le directeur des relations publiques et internationales de la compagnie aérienne, Mehdi Aliari.

« Nous avons besoin de 500 avions pour l'Iran. Trente pour cent d'entre eux doivent appartenir à Mahan Air, affirme M. Aliari. Nous avons une position géographique enviable. Nous pouvons facilement relier l'ouest et l'est, plus vite qu'Istanbul ou Doha. C'est vrai. Nous allons saisir l'occasion. Nous travaillons sur cette stratégie depuis 20 ans. »

Les besoins sont grands parce que les appareils sont vieillissants. Certains avions ont près de 50 ans. Depuis le début des années 2000, la douzaine de compagnies aériennes iraniennes ont enregistré 37 écrasements qui ont coûté la vie à 900 personnes.

Si Airbus a récolté jusqu'ici la part du lion des contrats de vente, l'expansion des routes intérieures et l'achat de plus petits avions pourraient constituer une occasion d'affaires pour Bombardier, dont les appareils de la C Series sont conçus pour un tel marché.

Radio-Canada révélait en novembre dernier, avant la levée des sanctions survenue en janvier, que des représentants de Bombardier s'étaient rendus en Iran afin de rencontrer des responsables de compagnies aériennes et des autorités réglementant les transports. Selon plusieurs sources consultées depuis, des obstacles législatifs, financiers et politiques handicapent encore l'avionneur canadien.

En Iran, on insiste sur les offres de financement qui doivent accompagner toute proposition d'affaires. « Ils doivent faire plus d'efforts parce que la situation financière de Bombardier n'est pas bonne. Nous avons besoin de plus petits avions. Il faut s'asseoir et discuter d'une solution », soutient Mehdi Aliari, de Mahan Air.

Tous les gens de l'industrie que Radio-Canada a rencontrés en Iran disent la même chose : si Bombardier et les autres entreprises canadiennes se font discrètes en Iran, c'est en grande partie à cause de l'absence diplomatique du Canada.

« Le meilleur avion, c'est le 100 sièges. Nous avons Bombardier et une autre entreprise, Embraer, du Brésil. Eux sont ici tous les jours. Il y a aussi les avions russes Soukhoï. Eux aussi sont ici pour pénétrer le marché. Le Canada devrait être plus beaucoup plus actif. Vous avez aussi des entreprises de systèmes de navigation. De grandes compagnies », souligne Aliakbar Kokabzadeh, rédacteur en chef du magazine Flight.

Bombardier se défend d'être timide. « Nous travaillons très fort. Nous sommes énormément respectés par les grands porteurs des grandes lignes aériennes à travers le monde et on va voir ce qui adviendra de nos négociations », affirme le vice-président principal, ressources humaines et affaires publiques, de Bombardier, John Paul Macdonald.

Plus que des liaisons aériennes, croit-on en Iran, c'est la renaissance d'une industrie obsolète qui pourrait permettre de raviver des liens diplomatiques brisés.

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