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En route vers un vaccin universel contre la grippe

Un pas important a été franchi cette semaine dans le combat contre la grippe : deux études, publiées simultanément dans la revue Science et dans Nature Medicine, ont démontré qu'il est possible de développer un vaccin qui protège contre plusieurs types d'influenza, et ce, pour la vie.

Ces nouveaux vaccins ont seulement été testés chez des animaux, mais déjà, ils suscitent dans le monde scientifique l'espoir de voir naître un jour un vaccin universel.

Le vaccin contre la grippe qui existe à l'heure actuelle est renouvelé chaque année et développé de façon à combattre certaines souches de l'influenza, celles qui devraient être les plus présentes au cours de l'année. Mais parfois, comme l'hiver dernier, les scientifiques se trompent.

« Ça devient très complexe [de créer le bon vaccin] parce qu'il y a facilement entre 180 et 250 virus rapportés à l'Organisation mondiale de la santé, l'OMS, et ça, c'est sur une base annuelle », explique Richard Marchand, médecin spécialisé en microbiologie et infectiologie à l'institut de cardiologie de Montréal.

Seul un vaccin qui détecterait tous les virus de l'influenza permettrait d'être immunisé pour la vie.

Les deux équipes de chercheurs ont donc inoculé à des souris, des furets et des singes les parties les plus stables des virus qui existent, réussissant ainsi à provoquer une défense immunitaire.

« Un virus doit avoir une clé [pour] entrer dans la cellule qu'il veut infecter. Là, on a regardé les clés et on [s'est dit que] la partie cisaillée, c'est elle qui est fluctuante d'une année à l'autre, d'un virus a l'autre, illustre le Dr Marchand. Toutes ces clés ont un petit manche par lequel on les tient et on s'est dit : "Est-ce qu'on pourrait prendre des protéines de ce petit manche et s'en servir pour vacciner?" » 

Encore des années de travail

Cette découverte est cependant loin de se concrétiser. « Il y a encore beaucoup d'étapes à franchir avant l'application clinique, ce qui représente quand même des années de travail », précise le chercheur en immunologie au Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal, Daniel Kaufman.

« D'abord, [...] sur les êtres humains, c'est toujours plus complexe. Il faut être sûr que ce soit une stratégie qui soit bien tolérée. Il faut que ce soit extrêmement sûr qu'il n'y a pas d'effets secondaires », poursuit-il.

Le virus de l'influenza est loin d'être bénin. Il tue bon an mal an entre 250 000 et 500 000 personnes dans le monde chaque année. Au Québec seulement, la grippe fait entre 500 et 2000 victimes annuellement.

D'après un reportage de Francine Plourde pour Les années lumières

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