Retour

Énergie Est : l'Office national de l'énergie suspend les audiences indéfiniment

Après une suspension temporaire des travaux lundi en raison d'une manifestation, l'Office national de l'énergie (ONE) annonce qu'il suspend indéfiniment les audiences publiques sur le controversé projet d'oléoduc Énergie Est.

L'ONE a précisé mardi, par voie de communiqué, que « cette décision a été prise en raison de perturbations, le premier jour des instances, dont la violence soulève des préoccupations quant à la sécurité devant être assurée ».

L'Office invoque aussi les deux requêtes déposées « demandant que des membres du comité se récusent et compte tenu du fait que l'Office a sollicité des commentaires par écrit sur toute cette question au plus tard le 7 septembre 2016 ». Par conséquent, dit l'ONE, « le comité ne tiendra plus de séances tant qu'une décision n'aura pas été rendue à ce sujet ».

Questionné à ce sujet en marge d'une rencontre à Calgary, le ministre fédéral des Ressources naturelles, Jim Carr, s'est contenté de dire qu'il avait confiance en la capacité des membres de l'organisme de s'entendre et de régler leurs problèmes. Il a ajouté que l'Office national de l'énergie est indépendant.

Les opposants à Énergie Est dénoncent l'ensemble du projet de pipeline et le manque de crédibilité du processus de consultation. Ils déplorent que deux commissaires de l'ONE, Lyne Mercier et Jacques Gauthier, aient secrètement rencontré Jean Charest en janvier 2015, alors qu'il était consultant pour TransCanada, l'instigateur du projet Énergie Est.

Les gestes des manifestants ont mené à l'arrestation de deux hommes de 35 et 44 ans et d'une femme de 29 ans, lundi. Ils ont été accusés d'entrave au travail d'un policier. Les deux hommes devront aussi répondre à une accusation de voies de fait contre un agent de la paix.

L'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) et Stratégies énergétiques ont l'intention d'écrire au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et à son homologue québécois Philippe Couillard pour mettre en place une commission mixte fédérale provinciale pour analyser le projet Énergie Est.

Greenpeace fait écho à ces environnementalistes. « Nous maintenons que les commissaires doivent se récuser immédiatement, qu'une enquête indépendante doit être lancée et que l'ONE doit être complètement réformé avant que l'évaluation d'Énergie Est ne puisse reprendre. [...] L'affaire Charest n'est que la pointe de l'iceberg et il y a une panoplie d'autres problèmes à régler au sein de l'ONE avant qu'il ne puisse être considéré comme crédible. ».

Plus d'articles

Commentaires