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Énergie Est : le BAPE tient sa première audience sur fond de protestations

Les consultations sur le projet d'oléoduc Énergie Est du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) se sont ouvertes lundi soir à Lévis avec une présentation du promoteur TransCanada devant un public nombreux et parfois hostile.

Un texte de Laurence Niosi

Louis Bergeron, vice-président de TransCanada et responsable du projet Énergie Est pour le Québec et le Nouveau-Brunswick, avait à peine commencé sa présentation du projet qu'il a été rapidement chahuté par des manifestants, dont certains munis de banderoles, à l'intérieur de la salle Desjardins du complexe Les 2 Glaces.

Les travaux de la commission ont été interrompus puis ont repris une vingtaine de minutes plus tard.

M. Bergeron a défendu le projet de TransCanada, réitérant que la construction du pipeline se ferait en deux ans, à compter de 2018. Il a également démontré la sécurité du pipeline pour transporter le pétrole par rapport au train.

Pendant la période de questions, des citoyens et organismes ont émis des préoccupations sur les fuites éventuelles du pipeline, l'émission de gaz à effet de serre (GES), la décontamination du sol, et l'acceptabilité du projet. 

Le porte-parole de TransCanada a répondu à plusieurs questions. Sur l'acceptabilité du projet, Louis Bergeron a affirmé être ouvert à un débat public, mais dit qu'il faut « un minimum d'encadrement ». Il a par ailleurs assuré qu'il n'y avait pas de plan d'exporter du pétrole brut à partir du Québec.

Une citoyenne par ailleurs a demandé qui paierait la facture en cas d'un déversement majeur. Il en reviendrait à la compagnie ou, si elle n'a pas les reins assez solides, au gouvernement fédéral, a répondu l'Office national de l'énergie, qui était également représenté à l'audience. « Mais je dois vous revenir pour avoir une réponse plus précise », a ajouté Marc-André Plouffe, porte-parole de l'Office.

Conforme à la loi

TransCanada a en outre répété qu'elle agissait conformément à la loi québécoise. « Tous les travaux préparatoires pour les études d'impact ont fait l'objet de certificats d'autorisation. Il y a eu des discussions avec le gouvernement pour en arriver au 6.3 », a souligné Louis Bergeron. Rappelons que l'organisme peut, en vertu de l'article 6.3 de la Loi québécoise sur la qualité de l'environnement, tenir des audiences limitées moins contraignantes.

TransCanada a toujours refusé de transmettre un avis de projet à Québec. Le gouvernement Couillard a toutefois décidé de s'adresser aux tribunaux pour forcer la compagnie à se conformer à la Loi sur la qualité de l'environnement. Les audiences du BAPE sont néanmoins allées de l'avant.

La commission est présidée par Joseph Zayed, responsable du champ de recherche en Prévention des risques chimiques et biologiques de l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST).

La première partie des audiences sera dédiée à l'étude d'enjeux relevant du mandat de la commission, a souligné le président d'entrée de jeu, dont les modes de transport, les risques de déversement, l'impact sur la qualité de l'eau potable, ou encore les émissions de GES. 

Les audiences doivent se dérouler toute la semaine à Lévis. Des salles de vidéoconférence sont également prévues à Laval, à Trois-Rivières et à La Pocatière.

Au Québec, le pipeline doit traverser 828 cours d'eau et de nombreuses terres agricoles sur une distance de 650 km.

 

 

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