Retour

Enfant laissée seule lors d'un incendie : la gardienne fait face à trois accusations

La gardienne qui était responsable de la fillette sauvée des flammes, dans la nuit de mercredi à jeudi, à Montréal, a plaidé non coupable à des accusations d'incendie criminel par négligence, d'abandon d'un enfant de moins de 10 ans et d'omission de fournir les choses nécessaires à la vie.

Représentée par l'aide juridique, Josée Milot a brièvement comparu par vidéoconférence, vendredi après-midi, au palais de justice de Montréal, pour être formellement accusée de ces trois chefs.

La poursuite s'est opposée à sa remise en liberté. La femme de 49 ans demeure pour l'instant détenue à l'Établissement de détention de Rivière-des-Prairies.

Son avocat, Antonio Cabral, qui ne lui avait parlé que succinctement par téléphone, a indiqué aux journalistes qu'elle semblait « choquée » par les événements des derniers jours.

Le dossier a été reporté à la semaine prochaine.

De nombreux antécédents judiciaires

Mme Milot est une habituée du système de justice. Elle a visité les salles d'audience à plusieurs reprises ces dix dernières années et a de nombreux antécédents judiciaires. Elle a de plus été aux prises avec des problèmes de toxicomanie.

Elle a notamment été condamnée pour des affaires de trafic de stupéfiants, notamment de crack. Elle a aussi été mêlée à des histoires de menaces, de complot et d'extorsion. L'accusée subit d'ailleurs présentement un autre procès pour vol, mais elle ne s'était pas présentée au tribunal pour une audience prévue en juin dernier et un mandat avait été lancé contre elle.

Josée Milot avait déclaré à la Cour s'être reprise en main et avoir cessé de consommer de la drogue, en 2015, et affirmé qu'elle se cherchait un emploi comme cuisinière. Elle a de plus été à l'emploi du magazine L'Itinéraire.

Me Cabral a souligné que sa cliente avait entrepris des thérapies, dans les dernières années, pour combattre sa dépendance à la drogue, mais il a reconnu que celles-ci n'avaient « pas nécessairement porté fruit ».

Sauvetage improbable

La fillette de 18 mois a subi des lésions corporelles au cours de l'incendie survenu plus tôt cette semaine dans un immeuble de la rue Dézéry, près de l'intersection de la rue de Rouen, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Mais des policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont pu la sauver dans la foulée d'un improbable concours de circonstances.

Les agents du groupe d'intervention, appelés à intervenir auprès d'un homme en détresse psychologique et barricadé chez lui, ont été avertis par des voisins qu'un incendie était en cours sur la rue Dézéry, vers 0 h 45. Ils se sont précipités dans le bâtiment en flammes et, tandis qu'ils procédaient à l'évacuation de la quarantaine de résidents en défonçant plusieurs portes, ils ont entendu les cris de la fillette laissée toute seule dans l'un des appartements.

En rampant sur le sol, les policiers ont réussi à la trouver malgré l'épaisse fumée qui avait envahi les lieux. La petite, en détresse respiratoire, a été transportée d’urgence à l’hôpital. Elle va maintenant beaucoup mieux.

La mère de la fillette, qui était à Toronto au moment des faits, a dit connaître les antécédents judiciaires de Mme Milot, mais a assuré qu'elle avait, jusqu'à maintenant, « été une très bonne gardienne ».

D'après les premières constatations, le drame découle d'un feu de cuisson.

Avec les informations de Geneviève Garon

Plus d'articles

Commentaires