Lorsque l'on pense adoption, c'est souvent l'adoption internationale qui nous vient d'abord en tête. Pourtant, environ 300 adoptions québécoises ont lieu chaque année. Rencontre avec une famille composée de trois enfants de la DPJ en manque d'amour qui ont trouvé des parents d'exception.

Un texte de Katherine Tremblay, de Remue-ménage

Pendant trois ans, Joëlle Croteau et Sylvain Pouliot tentent d’avoir un enfant, en vain. Ils ont recours à l’insémination artificielle, sans succès. Ils décident alors de se tourner vers l’adoption. Or, ce n'est pas l'adoption internationale qui les attire, mais bien l'adoption au Québec.

Début de vie difficile

La majorité des enfants en adoption au Québec proviennent de la banque mixte. Ce sont des enfants qui viennent de milieux difficiles et qui ont un parcours de vie chaotique.

Un processus risqué

Adopter à la banque mixte comporte des risques et des irritants, notamment :

  • les longs et nombreux délais;
  • la présence d’un intervenant de la DPJ dans la prise des décisions concernant l’enfant;
  • les visites supervisées avec les parents biologiques qui tentent de récupérer la garde de leur enfant.

Au début du processus, la DPJ fait une évaluation psychosociale rigoureuse des postulants. De leur côté, les parents remplissent des formulaires afin de définir le profil de l’enfant qu’ils sont prêts à adopter.

« Est-ce que je serais bon avec un enfant qui a été victime d’abus sexuels? Peut-être que oui, mais peut-être que non. C’est important de le dire pour ne pas qu’on me présente un enfant qui a un profil avec lequel je serais inadéquat », explique Nicole Anne Vautour.

Le but du processus : réaliser le meilleur jumelage possible entre les parents adoptifs et l’enfant, qui a des besoins particuliers.

L’arrivée de Cédric

Après une longue attente de 16 mois, Joëlle et Sylvain rencontrent enfin le petit Cédric, âgé de 8 mois et demi. Au premier regard, le couple craque pour le garçon.

Cédric a été victime d’un père violent.

« Il était pas mal magané : hémiparésie, multiples fractures. Donc il a fallu le soigner en plus de créer un lien d’attachement. On a été chanceux, il n’avait pas de visite familiale », explique Sylvain Pouliot, son père adoptif.

Un petit frère pour Cédric

Un an après l’arrivée de Cédric, alors que son adoption n’est pas encore officielle, Sylvain et Joëlle font une nouvelle demande. Quelques mois plus tard, Tristan, victime de négligence de la part de sa mère biologique, arrive dans la famille.

Le deuil

Quelques mois plus tard, une fillette de neuf mois vient compléter la famille. Pendant plus d’un an, la petite fait la joie de ses parents adoptifs. Elle apprend à marcher et à parler avec eux. Or, graduellement, le père biologique, qui a toujours gardé contact, s’est repris en main et a pu retrouver la garde de sa fille.

Ce scénario fait partie des risques d’adopter à la banque mixte. Mais contrairement à la croyance populaire, il n’arrive que très rarement. « La très très grande majorité des enfants, lorsqu’ils intègrent une famille d’accueil banque mixte, n’en ressortent plus », précise Nicole Anne Vautour. « C’est probablement en haut de 90 %, même peut-être plus haut pour certaines régions. »

Une famille complète

Après une période de deuil, le couple est prêt à accueillir une autre petite fille. Et cette fois, une chance inouïe s’offre à eux : une fillette de trois semaines qui n’a plus aucun contact avec sa mère biologique. On ne peut vous présenter la petite dernière puisqu’elle n’est pas encore adoptée officiellement. Toutefois, le processus va bon train.

Dans le cas de Cédric et de Tristan, il aura fallu trois ans pour obtenir leur jugement d’adoption. Joëlle et Sylvain sont très heureux du développement et de la progression de leurs trois enfants.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine