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Enquête interne à l'UPAC à la suite de la divulgation d'informations par TVA

Le commissaire à la lutte contre la corruption, Robert Lafrenière, déclenche une enquête interne à la suite des révélations de TVA sur l'enquête Mâchurer de l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Le réseau TVA a affirmé que l'ex-premier ministre Jean Charest et l'ancien collecteur de fonds libéral Marc Bibeau auraient été sous la loupe des enquêteurs de l'UPAC jusqu'à l'an dernier.

L’enquête interne qui vient d'être annoncée a pour but d’identifier l’origine de la fuite de documents confidentiels qui ont mené à la diffusion de ces informations.

« Il n’est pas dans l’intérêt commun que des documents et des contenus d’enquête soient étalés sur la place publique. Cette divulgation pourrait être lourde de conséquences alors que les enquêteurs de l’UPAC sont maintenant soumis à des pressions inutiles qui pourraient entraver leur travail », a souligné le commissaire Lafrenière par communiqué.

L’enquête de l'UPAC se penche notamment sur le financement politique et l'octroi de contrats publics.

« L’enquête Mâchurer se poursuit et elle sera soumise au Directeur des poursuites criminelles et pénales lorsque tous les éléments de preuves seront amassés et analysés, et que l’enquête sera entièrement complétée », a conclu le commissaire.

Aucune accusation n'a été portée contre les personnes concernées par cette enquête. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a confirmé à Radio-Canada qu'aucun dossier ne lui a été transmis concernant MM. Charest et Bibeau.

Jean Charest a transmis la déclaration suivante, par l'entremise de Me Gregory Larroque, de la firme McCarthy Tétreault : « Je prends acte de la déclaration du Directeur des poursuites criminelles et pénales à l'effet qu'"aucun dossier ne lui a été transmis". Je ne ferai aucun autre commentaire, si ce n'est pour réaffirmer mon innocence face aux allégations qui circulent. »

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a refusé de se prononcer sur l'enquête, ne voulant pas s'immiscer dans le travail des policiers. Il a toutefois fait part de ses préoccupations concernant la fuite d'informations dont a bénéficié TVA. Selon lui, ce « coulage » pourrait « contaminer la preuve éventuelle » et empêcher « qu'on puisse aller jusqu'au bout d'une affaire en justice ».

Les partis d'opposition ont l'intention de poser leurs questions à Robert Lafrenière, le 4 mai prochain, lors de l'étude de crédits en sécurité publique à l'Assemblée nationale.

Révélations de Radio-Canada en 2014

En 2014, Radio-Canada avait obtenu des informations sur l'enquête Mâchurer.

L'émission Enquête révélait à l'époque que l'UPAC tentait de déterminer si l'ex-premier ministre Jean Charest avait participé à une opération de financement sectoriel avant d'être porté au pouvoir en 2003.

Le reportage d'Alain Gravel nous apprenait également que cette enquête de l'UPAC associait « directement Jean Charest à une opération de financement auprès d'un dirigeant de SCN-Lavalin ».

Le mystère Marc Bibeau

L’homme d’affaires Marc Bibeau était, dans les années 2000, un bénévole actif du Parti libéral et réputé proche de Jean Charest.

Son nom a été évoqué à maintes reprises devant la commission Charbonneau, où il a été présenté par plusieurs témoins comme le grand argentier du PLQ à l’époque où M. Charest était à la tête du parti.

En septembre 2014, l’ex-président de la firme de génie RSW, Georges Dick, affirmait devant les commissaires que Marc Bibeau l'avait sollicité, en 2002, pour contribuer à la caisse du parti s'il voulait garder sa part de marché à Hydro-Québec, une fois le PLQ au pouvoir.

Marc Bibeau n’a jamais témoigné à la commission Charbonneau. Il a été entendu à huis clos et s’est défendu publiquement par l’entremise de la firme d'avocats Davies Ward Phillips & Vineberg.

Le président de la firme CIMA+, Kazimir Olechnowicz, a, quant à lui, admis devant la commission Charbonneau avoir remis pendant des années des dizaines de milliers de dollars à l'entrepreneur Marc Bibeau pour le PLQ. Il ajoutait alors que jamais M. Bibeau, un élu libéral ou un quelconque représentant du PLQ ne lui avait dit qu'il recevrait un avantage de quelque nature que ce soit en échange de ses contributions ou de celles de ses associés.

Concernant le reportage de TVA, l'avocat de Marc Bibeau, William Brock, a indiqué mardi, que « [son] client est révolté que des informations confidentielles apparemment obtenues lors d'une enquête, et incluant des informations personnelles, ont été délibérément relayées aux médias pour entacher sa réputation sur la base de conjectures. Par conséquent [son], client ne fera aucun commentaire. »

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