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Enquête sur les femmes autochtones : l’équipe accélère le rythme

L’équipe de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées multiplie les consultations avec diverses organisations pour bien planifier le déroulement des audiences qui doivent commencer au printemps.

Un texte de Karoline Benoit, d'Espaces autochtones

Les commissaires ont rencontré cette semaine des groupes communautaires de Montréal, un exercice que l'équipe avait également fait le 26 janvier auprès des organismes régionaux d’Ottawa.

Les grandes organisations autochtones nationales, comme l’Assemblée des Premières Nations, l’Association des femmes autochtones du Canada et le Ralliement national des Métis, ont pu être consultées le 8 février à Ottawa.

Les commissaires se sont par ailleurs rendus à Iqaluit, au Nunavut, pour s’entretenir avec les membres du conseil d’administration d’Inuit Tapiriit Kanatami et avec le regroupement des femmes inuites, Pauktuutit.

Des groupes de représentation nationaux, notamment l’Association du Barreau autochtone et l’Association nationale des centres d’amitié, n’ont pas été oubliés et ont échangé avec les commissaires la semaine dernière.

Un processus à accélérer

La directrice générale de l’enquête, Michèle Moreau, explique qu’il était important pour la commission d’aller plus vite, car avant la fin janvier, il n’y avait eu que quelques consultations.

Les commissaires avaient rencontré une dizaine de représentants de groupes autochtones à Wendake, au Québec, dans la semaine du 16 janvier, comme le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, et la présidente de Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel. Et une première consultation avait eu lieu à Saskatoon en novembre.

Pour accélérer le processus, la commission a donc décidé de séparer les consultations entre les cinq commissaires.

« Jusqu’à maintenant, ils sont toujours là tous les cinq, explique Michèle Moreau, mais ça va changer, parce qu’on veut accélérer le rythme ».

Il pourrait y avoir par exemple dans la même semaine, des rencontres à Vancouver et des rencontres à Winnipeg. Alors, on va se diviser la tâche.

Michèle Moreau, dir. de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

Une seule commissaire à Montréal

Lors de la rencontre à Montréal, il n’y avait déjà qu’une seule commissaire, Michèle Audette, pour rencontrer les représentants d’une dizaine d’organismes urbains, dont Montréal Autochtone, le Foyer pour femmes autochtones de Montréal et Cactus.

La porte-parole d’Idle No More Québec, Melissa Mollen Dupuis, qui participait à la rencontre, dit que la commissaire a répondu aux questions posées, notamment sur la transparence et la neutralité de la commission.

On a pu poser des questions sur ce qui s’en vient. On reprochait [à la commission] un silence radio. On s’est fait expliquer.

Melissa Mollen Dupuis, porte-parole Idle No More Québec

« C’est certain que plus le temps passe, plus les familles s’impatientent, ajoute-t-elle. La communauté a hâte que les actions arrivent, que les témoignages puissent être donnés. »

Les participants ont également fait savoir à la commissaire qu’il est important que les témoignages des victimes et des familles soient entendus dans des lieux culturels autochtones et non pas « dans le sous-sol d’une église, avec toute l’histoire des pensionnats », insiste Melissa Mollen Dupuis.

Du personnel pour connecter avec les familles

La directrice générale de l’enquête, Michèle Moreau, rappelle que ce ne sont pas les commissaires qui vont contacter les victimes et les familles qui veulent témoigner, mais que c’est plutôt à elles de communiquer avec la commission.

« On n’a pas de liste de familles, on n’a rien », explique-t-elle. « Il faut construire une liste des familles qui vont venir témoigner, raconter leur histoire à l’enquête nationale ».

Et une des façons d’y arriver, selon elle, est de « communiquer avec les organisations qui sont déjà en contact avec ces familles depuis des années ».

« Ce serait fou de ne pas faire appel aux organismes communautaires, soutient Melissa Mollen Dupuis. Les intervenants de première ligne vont pouvoir accompagner des gens qui ne font pas confiance au système. »

L’aide des organismes communautaires est donc essentielle pour créer des liens avec les familles. Et pour accélérer le processus, des agents de liaison s’affairent à connecter la commission avec les diverses organisations autochtones, mais aussi avec les victimes et les familles des victimes.

C’est la médaillée des Jeux panaméricains de 1999, la Mohawk Waneek Horn-Miller, qui a été engagée pour superviser les agents de liaison Tanya Kappo et Alana Boileau, qui s’occupe de la région du Québec.

La commission compte par ailleurs embaucher six autres agents, qui auront pour mandat d’établir des liens avec les communautés des autres régions du pays, afin de préparer les auditions avec les familles.

Ce qui s’en vient

Pendant deux jours la semaine prochaine, la commission aura des discussions avec un « cercle-conseil des familles », près de Toronto.

Ça va être une nouvelle étape, car on n’a pas encore officiellement consulté les familles.

Michèle Moreau, dir. de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

« On veut recevoir leurs commentaires, leurs suggestions, leurs idées, leurs critiques positives sur comment on peut faire en sorte que les audiences avec les familles se déroulent le mieux possible », explique Michèle Moreau.

On essaie vraiment de faire les choses différemment des commissions d’enquête traditionnelles.

Michèle Moreau, dir. de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

D’autres consultations doivent aussi se dérouler en mars et en avril, mais les dates et les lieux ne sont pas encore confirmés.

Le début des audiences formelles avec les familles est toujours prévu pour le printemps. La date exacte n’est pas encore définie, mais ce ne sera pas avant le mois d’avril.

La commission doit déposer un rapport préliminaire le 1er novembre 2017 et doit remettre son rapport final un an plus tard. Un échéancier considéré comme trop serré, notamment par le groupe Femmes autochtones du Québec, qui demande à la commission d'exiger du gouvernement une prolongation de son mandat, ce que n’a pas du tout l’intention de faire la commission, explique Michèle Moreau.

« On est toujours dans notre échéancier qu’on s’est fixé au début de l’exercice et qui nous permet de finir dans le délai qui nous est imparti », insiste-t-elle.

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