Ensaf Haidar se bat depuis des années pour la libération de son mari, Raif Badawi, blogueur et militant pour la liberté d'expression et de religion qui croupit depuis quatre ans dans les geôles saoudiennes.

Un texte d'Alexandra Szacka

La jeune femme a déjà reçu de nombreux prix et distinction, dans plusieurs pays du monde, au nom de son mari et en son propre nom. Ils récompensent leur contribution au combat pour la liberté d'expression et de religion.

Aujourd'hui, elle publie un livre qui raconte l'histoire de ce couple hors du commun. Mon combat pour sauver Raif Badawi, écrit avec la journaliste Andréa Hoffmann et publié d'abord en allemand, se lit comme un roman. Amours cachées, trahisons familiales, mariage, prison, exil... Tout pour faire un livre à succès.

Ensaf Haider décrit son mari sans fard. Jeune homme d'affaires, il est un produit de sa culture, macho à ses heures, qui ne met pas toujours en pratique les idées libérales qu'il défend dans son blogue.

La réserve d'Ottawa

La jeune auteure vit à Sherbrooke avec ses trois enfants. Elle trouve que le Québec a été très accueillant et généreux envers elle. Elle a reçu un certificat de sélection du Québec pour Raif, qui pourra venir la rejoindre aussitôt qu'il sera sorti de sa prison saoudienne et qu'il obtiendra le visa canadien.

Néanmoins, elle essaie depuis des mois d'obtenir un rendez-vous avec le premier ministre Justin Trudeau et le ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion pour faire avancer les choses. Lundi, jour de la sortie du livre, le ministre Dion l'a enfin reçue. Il s'en est tenu à des généralités.

Or, Ensaf Haidar affirme que lorsqu'elle a rencontré Justin Trudeau en janvier 2015, alors qu'il était dans l'opposition, il lui avait dit : « Le Canada a un rôle important à jouer dans la cause de Raif Badawi ».

Elle espère qu'il accordera la citoyenneté canadienne à son mari pour accélérer sa libération.

Elle dit avoir plus d'appui de la part des autorités allemandes que de celles du Canada. Il y a quelques semaines, elle a rencontré le ministre des Affaires étrangères d'Allemagne et celui du Commerce extérieur.

Conversations téléphoniques

La jeune femme parle à Raif quelquefois par semaine au téléphone. Elle dit le sentir découragé, même triste. Il ne peut pas voir ce que les gens font pour sa cause parce qu'il n'a pas accès à Internet. Elle doit garder espoir pour deux.

Ensaf est aujourd'hui un symbole de la libération des femmes arabes. Elle suit des cours de conduite et rêve du jour où elle pourra aller chercher Raif à l'aéroport à Montréal. « Nous nous sommes fait une promesse, dit-elle, celle de nous marier une seconde fois. Ce sera un mariage québécois. »

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