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Entre barbelés et noyades, le sort des migrants discuté à Malte

Pendant que les Européens demandent à l'Afrique de limiter l'afflux de migrants vers leurs territoires au cours d'un sommet tenu à Malte, la crise des migrants se poursuit dans le plus grand chaos en Europe. La Slovénie a déroulé des barbelés le long de sa frontière avec la Croatie pendant que 18 autres migrants se sont noyés en Méditerranée.

Des soldats slovènes ont érigé une clôture de barbelés, près des villes de Velki Obrez et de Gibina, pour contrôler le flux de migrants qui arrivent sur leur territoire. Le premier ministre slovène Miro Cerar s'attend à ce que quelque 30 000 nouveaux migrants se présentent à ses frontières.

Craignant une « catastrophe humanitaire » en Slovénie, M. Cerar explique que les barbelés visent à rediriger le flot de réfugiés et non à fermer la frontière.

Le gouvernement slovène craint que l'Autriche voisine décide de limiter le nombre de personnes admises chaque jour sur son territoire, ce qui aurait un impact sur le flot de réfugiés à se diriger vers la Slovénie.

De son côté, le ministère autrichien de l'Intérieur s'attend à traiter quelque 95 000 demandes d'asile cette année.

Près de 170 000 migrants sont arrivés en Slovénie depuis la mi-octobre, lorsque la Hongrie a fermé sa frontière avec la Croatie.

Noyades en Méditerranée

Pendant que les migrants tentent de se frayer un chemin entre les frontières des divers pays en sol européen, au moins 18 migrants - dont 7 enfants - se sont noyés en tentant d'atteindre l'Europe par la mer Méditerranée.

Les migrants sont morts au cours de deux naufrages survenus en Méditerranée.

Parties de Turquie - où sont réfugiés quelque 2,2 millions de migrants en provenance d'Afghanistan, d'Irak et de Syrie -, les deux embarcations se sont abîmées en mer en tentant d'atteindre les îles grecques qui constituent une porte d'entrée de l'Union européenne.

La première embarcation, à bord de laquelle s'entassaient 42 personnes, a chaviré au large de Lesbos, emportée par une bourrasque de vent. Quatorze personnes, dont sept enfants, sont mortes noyées et 27 autres ont pu être repêchées saines et sauves, selon les garde-côtes.

Une personne est toujours portée disparue dans ce naufrage.

Quatre autres migrants ont perdu la vie au large de l'île grecque de Chios. La Garde côtière grecque a secouru 22 passagers de l'embarcation, quatre corps ont été repêchés et deux personnes manquent toujours à l'appel.

Plus de 650 000 migrants et réfugiés, la plupart originaires de Syrie, d'Afghanistan et d'Irak, ont réussi à débarquer sur les îles grecques depuis le début de l'année, selon le dernier décompte de l'Organisation internationale des migrations (OIM).

Un total de 512 d'entre eux ont perdu la vie, a ajouté l'OIM.

Le sommet de Malte

Les États membres de l'UE et une trentaine de pays africains ont décidé de se réunir à Malte pour s'attaquer aux « causes profondes » qui poussent autant d'Africains à quitter leur domicile pour s'embarquer vers l'Europe. « Ce sommet est un sommet pour agir », a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk, devant le parlement de la petite île méditerranéenne.

Les Européens veulent ainsi faire pression sur l'Afrique pour qu'elle limite le flux de migrants vers l'UE.

Le sommet doit se prolonger jusqu'à jeudi. Il sera suivi d'une réunion informelle des seuls dirigeants européens, qui feront le point sur la crise migratoire et sur les tractations avec la Turquie, à qui l'on demande de freiner l'afflux de réfugiés syriens vers la Grèce.

La rencontre de Malte avait été prévue dès le printemps dernier, à la suite d'un naufrage qui avait coûté la vie à quelque 800 migrants en Méditerranée centrale, qui constitue une « route » empruntée par des milliers de migrants africains.

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