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Entre deux joints, trois approches sur la marijuana

Que faire avec les citoyens qui ont en leur possession une petite quantité de marijuana? Sans être à l'avant-plan de la campagne électorale, cet enjeu a commencé à refaire surface ces derniers jours, à l'occasion du passage des chefs libéral et néo-démocrate en Colombie-Britannique.

Les principaux partis ont des positions bien distinctes à ce sujet : les libéraux de Justin Trudeau prônent la légalisation de la marijuana, les néo-démocrates de Thomas Mulcair optent plutôt pour sa décriminalisation, tandis que les conservateurs de Stephen Harper défendent le statu quo.

Le premier ministre sortant a en fait été le premier à revenir sur le sujet cette semaine, lors d'une annonce faite mardi matin. « Pour Justin Trudeau, la seule priorité en matière de justice est de légaliser la vente de marijuana dans les dépanneurs », a-t-il ironisé.

Interrogé mercredi après-midi par un journaliste alors qu'il se trouvait à Surrey, en Colombie-Britannique, Justin Trudeau ne s'est pas défilé, lui qui a annoncé son intention de légaliser la marijuana il y a déjà deux ans. Un gouvernement libéral, a-t-il assuré, ira de l'avant.

« La politique antidrogue de M. Harper est un échec », a-t-il dit. « Il est temps que le gouvernement réglemente et contrôle la marijuana pour protéger nos enfants, nos communautés, et pour empêcher que l'argent n'aille engraisser les coffres des trafiquants d'armes et des gangs de rues. »

Il a d'ailleurs répété les mêmes arguments lorsque la question lui a de nouveau été posée jeudi, à Victoria.

Un peu plus tôt, Thomas Mulcair avait aussi qualifié l'approche du gouvernement conservateur d'échec, et défendu la position de son parti lors d'un point de presse tenu à Vancouver.

« Décriminaliser la marijuana est la position du NPD », a-t-il dit sans détour, après avoir rappelé que son parti préconise cette politique depuis 40 ans. « Dès que nous allons former un gouvernement, nous pourrons le faire. »

MM. Trudeau et Mulcair peinent cependant à dire ce qu'il adviendra des gens qui feront déjà face à des accusations criminelles de possession simple de marijuana ou qui auront déjà été emprisonnés, au moment où ils mettraient leur nouvelle politique en oeuvre.

« C'est quelque chose qu'il faudra étudier », a dit le chef libéral à ce sujet. « Il est arrivé souvent, dans l'histoire, que de nouvelles lois ont renversé des condamnations. Il y aura un processus pour ça, et ce sera fait de façon responsable. »

« On regarderait ça », s'est pour sa part contenté de dire le chef néo-démocrate.

Le fait que le sujet ait été abordé en Colombie-Britannique n'est pas un hasard. La province abrite une centaine de comptoirs qui vendent de la marijuana à des fins thérapeutiques, malgré l'opposition du gouvernement Harper.

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