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Éric Lapointe a besoin de l’adrénaline de la scène, « la drogue la plus puissante »

« Je vis pour la scène », affirme sans détour le rockeur Éric Lapointe, qui a récemment lancé son premier album en quatre ans et demi, Délivrance, après avoir surmonté le deuil de son partenaire de toujours, le parolier Roger Tabra, mort en 2016. Louis-Philippe Ouimet a rencontré cet artiste qui se produit ce samedi aux Francos de Montréal.

Lapointe a plutôt l’habitude de sortir des disques tous les deux ou trois ans, mais il explique que son horaire chargé l’a forcé à revoir ce rythme. En plus de la tournée, les tournages de l’émission La voix, dont il est l'un des juges, lui prennent beaucoup de temps.

« Ça a donné un album dont je suis extrêmement fier, qui est assez diversifié, peut-être parce qu’il a été écrit sur une longue période de temps », indique-t-il.

Pour le chanteur, pas question de se réinventer. Il forme avec un autre compagnon de la première heure, le guitariste Stéphane Dufour, un duo qui crée de façon spontanée, sans trop réfléchir.

« Peut-être qu’on essaie moins d’être tendance, explique Éric Lapointe. […] On est peut-être rendu là où, moi à l’aube de la cinquantaine et Stéphane dans la mi-cinquantaine, à se permettre de rester nous-mêmes et de seulement proposer ce qui sort et ce qu’on a envie de faire. »

Deux chansons sur Délivrance portent la signature de Roger Tabra, qui a légué un imposant dossier de textes au rockeur. « Tous les soirs où je monte sur scène, Roger est là avec moi à travers ses mots. »

L'ivresse de la scène

L’âge ne ralentit pas trop le musicien qui dit être incapable de vivre sans l’adrénaline de la scène. « L’adrénaline, je parle en connaissance de cause, c’est la drogue la plus puissante qui existe et ça donne des ailes. »

« Moi, après deux semaines sans jouer, j’ai l’impression que je suis un artiste fini. J’ai besoin de remonter sur scène pour me rassurer. »

Il a un tout autre type de public à satisfaire régulièrement, toutefois : ses deux jeunes enfants, pour qui il a l’habitude de chanter avant le coucher. Il leur a dédié une reprise du P’tit bonheur de Félix Leclerc sur son nouvel album.

« Y’a un rituel avec les enfants : tous les soirs, je leur fais un petit concert. […] Depuis deux ans, ce qui précède le bec et le " fais de beaux rêves ", c’est Le p’tit bonheur, et ça ils n’en démordent pas. »

« La vie est cyclique », philosophe-t-il, car Le p’tit bonheur est l'une des premières chansons qu’il a lui-même apprises, vers 8 ou 9 ans, à la guitare.

Éric Lapointe doit monter sur la scène de la place des Festivals pour un grand concert gratuit à l'occasion des Francos de Montréal, samedi.

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