Retour

Érosion aux Îles-de-la-Madeleine : « un éternel recommencement »

L'érosion des berges est un problème majeur aux Îles-de-la-Madeleine. Le site historique de la Grave en subit les conséquences, mais voilà qu'il sera restauré cette année à la suite d'une aide financière du gouvernement du Québec. C'est un baume sur ce joyau économique de l'archipel, mais une solution temporaire à un problème qui lui est permanent. La municipalité sonne l'alarme depuis fort longtemps.

Un texte de Philippe Grenier

Le site historique de la Grave sera restauré pour cinq millions de dollars cette année, dont quatre proviennent du gouvernement provincial.

Mais la Commission permanente sur l'érosion des berges des îles, un regroupement d'élus, de citoyens et d'environnementalistes, ne vise pas que ce site.

L'archipel en compte des dizaines d'autres.

« On ne pourra pas faire une ceinture de béton autour des Îles en pensant que nous allons protéger les Îles à tout jamais », rappelle le maire.

Au centre-ville de Cap-aux-Meules, une partie du sentier pédestre et cyclable est sectionnée par une brèche remplie de matériaux qui n'ont pas résisté aux temps.

Le secteur fait partie des six sites jugés prioritaires par la commission, mais le financement manque pour entamer les travaux.

Dans le passé, des maisons et des installations ont été déplacées pour contrer l'érosion.

Les écosystèmes sont eux aussi affectés.

« Les côtes de l'archipel font 236 kilomètres, puis on a le deux tiers qui sont des milieux dunaires, qui sont très très fragiles aux phénomènes d'érosion », explique Marie-Ève Giroux, directrice d'Attention FragÎles.

Son organisme travaille au niveau des milieux dunaires depuis une vingtaine d'années avec des techniques d'intervention douce.

L'équipe utilise des matériaux naturels pour capter le sable à certains endroits et reconstruire des parties de dune.

Entre la lagune et la mer, une portion de la route 199 près de la plage de la Martinique est protégée par des recharges de sable du ministère des Transports, année après année.

« Il y a des secteurs où on n'a pas le choix d'intervenir parce qu’il y a des choses à préserver, dit Marie-Ève Giroux. Il y a d'autres secteurs où peut-être que dans le futur, des décisions seront prises de dire "bien peut-être que la solution, c'est le repli". »

Les besoins de l'archipel pour contrer l'érosion des berges sont évalués à plus de 50 millions de dollars par le maire Jonathan Lapierre.

Ce dernier mentionne que l'enveloppe du gouvernement pour l'érosion des berges au niveau provincial est d'environ 45 millions, « ce qui est nettement insuffisant pour les besoins », ajoute-t-il.

Les travaux sur la Grave sont prévus pour l'automne prochain.

Plus d'articles