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Espagne : la Catalogne annonce la tenue d’un référendum en octobre

Le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, a annoncé que son gouvernement tiendra un référendum d'autodétermination sur le territoire catalan le 1er octobre en dépit de son interdiction par la justice espagnole.

Le chef catalan en a fait l’annonce lors d’un discours solennel prononcé en catalan vendredi, à Barcelone. Cette décision, qui ignore littéralement un jugement de la Cour constitutionnelle d’Espagne, pourrait entraîner une crise majeure dans le pays.

Au cours de son allocution, le président Puigdemont a même présenté la question qui sera posée aux Catalans soit : « Voulez-vous que la Catalogne soit un État indépendant sous forme de République? »

« La réponse que donneront nos concitoyens, « oui ou non », sera un mandat que le gouvernement s'engage à appliquer », a ajouté Carles Puigdemont.

Le président catalan n'a cependant pas encore signé le décret de convocation de cette consultation déclarée anticonstitutionnelle par la justice espagnole.

Un référendum comme en Écosse

Les séparatistes catalans réclament depuis 2012 un référendum d'autodétermination pour leur région du nord-est de l'Espagne, comme celui qu’a accordé Londres à l’Écosse, en 2014.

Totalement opposé à toute forme de référendum sur l’indépendance de la Catalogne, le chef du gouvernement conservateur espagnol, Mariano Rajoy, avait réaffirmé le 27 mai : « Tant que je serai président du gouvernement, cela ne se produira pas ».

Le porte-parole du gouvernement Rajoy a rappelé cette position vendredi en déclarant que tout ça n’est « qu’une mise en scène » qui révèle que les séparatistes « sont moins nombreux et ont échoué dans toutes leurs tentatives pour trouver de nouveaux alliés ».

Il faut dire que Madrid possède encore des atouts pour empêcher la tenue d’un référendum en Catalogne. Le gouvernement Rajoy pourrait entre autres demander à la Cour constitutionnelle de relever de ses fonctions M. Puigdemont pour « désobéissance » ou directement de s’approprier les compétences des autorités régionales.

Madrid pourrait aussi exercer des pressions sur les 300 000 fonctionnaires de la Catalogne.

« Les fonctionnaires ne vont pas obéir à des ordres qui sont illégaux. Que personne ne doute que tout passage à l'acte sera poursuivi par le gouvernement », a prévenu vendredi le porte-parole du gouvernement espagnol.

Une majorité de Catalans en faveur d'une consultation

Selon le dernier sondage d'un institut gouvernemental catalan, 44,3 % des Catalans sont pour l'indépendance alors que 48,5 % s’y opposent.

Toutefois, une grande majorité, plus de 73 %, veut pouvoir se prononcer par référendum.

Le 9 novembre 2014, l'exécutif régional avait bravé une première interdiction en organisant une « consultation » symbolique des Catalans. Environ 2,3 millions de personnes sur 6 millions d'électeurs potentiels y avaient participé. Huit sur dix s'étaient prononcées pour la sécession.

Le président catalan de l'époque, Artur Mas, a été condamné à deux ans d'interdiction d'exercer une fonction publique élective par la justice espagnole.

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