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Espèces en péril : le gouvernement Trudeau conclut une entente avec un groupe écologiste

Grâce à une entente à l'amiable, Ottawa met fin aux recours judiciaires qui l'accusaient d'inaction quant à la protection du caribou forestier au Québec. Le gouvernement fédéral s'engage à justifier par écrit, tous les six mois, ses efforts pour protéger des dizaines d'espèces en péril au Canada.

Un texte de Thomas Gerbet

« Une étape décisive a été franchie aujourd'hui pour protéger les espèces en péril », écrivent mardi dans un communiqué commun le ministère fédéral de l'Environnement et la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP).

Le gouvernement s'engage à plus de transparence et à justifier son action tant que chaque espèce menacée ne sera pas considérée comme protégée.

La SNAP avait déposé un recours devant la Cour fédérale en avril 2017, dans le but d'obliger le gouvernement à respecter sa propre loi.

« On vient de sauver la Loi sur les espèces en péril », se réjouit le directeur général de la SNAP au Québec, Alain Branchaud.

Le communiqué commun d'Ottawa et de la SNAP indique que « cette mise en œuvre permettra d’accroître la transparence des mesures prises par le gouvernement du Canada, les provinces et les territoires ».

L'entente ne concerne pas les espèces de compétence fédérale (comme les poissons), de même que celles qui se trouvent sur un terrain fédéral. Cette décision n'aura donc pas d'impact sur le projet d'agrandissement du port de Montréal à Contrecoeur.

En revanche, l'entente s'appliquera à tous les habitats d'espèces en dehors des terres fédérales. C'est le cas dans le dossier des caribous forestiers de Val-d'Or ou encore dans celui du ginseng à cinq folioles, une plante menacée d'extinction qu'on retrouve dans une forêt de Saint-Bruno-de-Montarville.

En 2016, le gouvernement Trudeau avait posé un geste inédit pour protéger la rainette faux-grillon, une espèce en péril. Ottawa avait promulgué un décret d'urgence pour stopper un développement domiciliaire autorisé par Québec. La décision avait donné des sueurs froides au gouvernement provincial, à des municipalités, à des promoteurs et à des institutions, qui craignaient que ce précédent ne nuise à d'importants projets de développement.

Dans son budget 2018, le gouvernement fédéral a prévu un financement de 1,3 milliard de dollars pour la protection des espèces en péril et des aires protégées.

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