Combien de temps dureront les gains faits par Justin Trudeau lors de sa première visite officielle à Washington? La question mérite d'être posée, puisque les Américains éliront un nouveau président en novembre prochain. Le ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion, lui, demeure optimiste.

Un texte de Mylène CrêteTwitterCourriel

« Il y aura beaucoup de choses qui vont rester, quel que soit l'occupant de la Maison-Blanche à pareille date l'année prochaine. Parce que ce qu'on vient de négocier a beaucoup de sens et que les gouvernements ne rebâtissent pas sur rien, affirme-t-il en entrevue aux Coulisses du pouvoir. Nous, on n'a pas tout défait de l'ancien gouvernement. »

Durant sa visite officielle à Washington, le premier ministre Justin Trudeau a finalisé plusieurs ententes sur les changements climatiques, la réduction des émissions de méthane, la protection de l'Arctique et le commerce transfrontalier.

Certains candidats aux primaires américaines ont une vision opposée à celle du Canada, notamment sur la lutte contre les changements climatiques. C'est le cas du candidat républicain Donald Trump, qui considère ce phénomène comme un canular.

Selon Stéphane Dion, le gouvernement canadien doit continuer de faire des avancées avec son voisin, même si ce type de commentaires laisse planer un doute sur la pérennité des ententes conclues à Washington.

« On a un président et un premier ministre qui ont d'étroites relations, qui partagent énormément, poursuit-il. Alors, on en profite au maximum et on travaillera avec l'administration que les Américains auront choisie après l'élection. »

Propos sérieux?

Lobbyiste depuis de nombreuses années à Washington, Paul Frazer, autrefois haut fonctionnaire de l'ambassade canadienne là-bas, ne prend pas les débats entre les candidats des primaires américaines trop au sérieux.

« Je dis aux Canadiens : "Si vous voulez vous amuser, regardez les débats pendant la période des élections primaires", blague-t-il. C'est une phase. J'attends jusqu'au moment où chaque parti a choisi un leader. À ce moment, les débats deviennent plus intéressants et notables. »

Les candidats aux primaires américaines ont tendance à tenir un discours plus radical pour attirer les électeurs les plus fervents - un discours qui tend à s'adoucir une fois que les candidats républicains et démocrates ont été choisis et qu'ils doivent s'affronter.

Combien de temps le Canada cueillera-t-il les fruits de cette visite?

La protection de l'Arctique sera la retombée à plus long terme, prévoit Stéphane Dion. « À cause des changements climatiques, l'Arctique va être percé de partout, dit-il. Vous allez avoir de l'exploitation qui se fera là-bas, du commerce, des pêches. »

Le Canada et les États-Unis veulent qu'un accord contraignant soit conclu avec les autres pays du cercle arctique pour y interdire la pêche commerciale non réglementée.

« Ça va être essentiel, continue-t-il. Ce sera notre position. On espère que les Scandinaves [et] les Russes vont se rallier à nous et qu'on va empêcher qu'on vide cet écosystème extrêmement fragile. »

Mais pour y parvenir, le Canada devra d'abord rétablir ses relations diplomatiques avec la Russie.

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