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Et s’il n’y avait aucun enregistrement de l’entretien entre Comey et Trump?

Lors de son témoignage devant le comité du renseignement du Sénat américain, l'ex-directeur du FBI James Comey a déclaré qu'il « espérait bien » qu'il existe des enregistrements pour corroborer les accusations qu'il porte contre le président Trump. Mais qu'arriverait-il si on ne trouvait jamais ces enregistrements? Notre correspondant à Washington Yanik Dumont Baron a répondu à vos questions.

Lors d’une séance de questions sur Facebook, plusieurs internautes voulaient en savoir davantage sur la nature des preuves détenues contre Donald Trump et, bien entendu, sur d’éventuels enregistrements qui pourraient faire la lumière sur toute l‘affaire.

« Mais s’il n’y a pas d’enregistrements, sur quoi se basera la défense? », a demandé une internaute.

« Ce serait alors un cas de la parole de l’un contre celle de l’autre. Et ça sera au procureur indépendant à ce moment-là de soupeser la crédibilité de James Comey et la crédibilité de M. Trump », explique Yanik Dumont Baron.

Mais il n’y a pas que d’éventuels enregistrements qui peuvent témoigner de la crédibilité de James Comey, prévient notre correspondant. Les déclarations sous serment de l’ex-directeur du FBI sont admissibles, mais surtout les notes qu’il a prises à la suite de ses entretiens avec le président pourraient renforcer sa crédibilité.

Bien qu’il ait déclaré jeudi ne pas savoir si une enquête avait été ouverte pour obstruction à la justice contre Donald Trump, James Comey a dit au Sénat que toutes ses notes avaient été réquisitionnées par le procureur spécial Robert Mueller, rappelle Yanick Dumont Baron.

Revoyez la discussion avec notre correspondant à Washington Yanick Dumont Baron

Des notes personnelles peuvent constituer une preuve devant la justice?

Tout à fait, assure notre correspondant à Washington. « Les policiers, lors de cas d’excès de vitesse ou de crimes, se réfèrent souvent à leurs notes et le juge les accepte régulièrement comme un document qui nous ramène dans le temps. », explique-t-il.

Yanik Dumont Baron rappelle que la première fois que James Comey a rencontré Donald Trump, c’était à la Trump Tower, à New York, dans les semaines qui ont suivi l’élection, avant l’assermentation.

Selon James Comey, dès sa sortie de cet entretien, dans un véhicule du FBI, il a immédiatement commencé à prendre des notes alors que tout était frais dans sa mémoire, ce qui accorde davantage de valeur à ces documents, selon Yanik Dumont Baron.

Pourquoi les républicains ne prennent-ils pas position contre Trump, qui les discrédite et compromet leur réélection?

« On a vu beaucoup de fumée, mais peu de feu jusqu’ici. Il y a énormément de théâtre et de cirque autour de ça », prévient Yanik Dumont Baron.

Selon lui, les républicains auront éventuellement des comptes à rendre à une partie de leur électorat, mais pour bien des républicains, toute cette affaire n’est qu’une chasse aux sorcières destinée à nuire à Donald Trump.

Mais où se trouve Jeff Sessions dans tout ça?

Jeff Sessions est le procureur général des États-Unis. Techniquement, c’était le patron de James Comey, puisque le FBI est sous la responsabilité du département de la Justice.

« M. Sessions a dû se récuser, se retirer de tout ce qui touche l’enquête sur le rôle qu’a joué la Russie dans l’élection américaine parce qu’il a menti à un moment donné aux élus sous serment. Il a caché certaines relations avec un diplomate russe », explique notre correspondant.

« On ne dit pas que c’est illégal, mais parce qu’il y avait apparence de conflit d’intérêts, il a préféré se retirer. On dit que M. Trump n’est pas content de ce retrait de Jeff Sessions, parce que Jeff Sessions, normalement, c’est un allié du président. »

Ce que James Comey laissait entendre jeudi lors de son témoignage devant le Sénat, c’est que Jeff Sessions n’a pas fait ce qu’il aurait dû faire pour protéger le patron du FBI. James Comey a expliqué qu’il avait demandé à M. Sessions de ne plus se retrouver seul en tête-à-tête avec le président et qu’il n’y avait pas eu de réaction de sa part.

Ce qui suggère que M. Sessions était peut-être de connivence avec le président, fait remarquer Yanik Dumont Baron.

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